L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
Portée tardivement au rang des plus fidèles disciples de Jésus, Marie Madeleine fut néanmoins longtemps considérée, au sein de l’Eglise, comme une pécheresse, à ce titre confondue avec une prostituée nommée Marie de Béthanie. De cette ambiguïté de la Madeleine dite « composite » naît le personnage-titre du deuxième long-métrage de la réalisatrice haïtienne Gessica Généus, une prostituée animée d’une sainte révolte incarnée par la cinéaste en personne. Laquelle s’éprend précisément du fils en perdition d’un féroce pasteur du quartier, qui mène une croisade personnelle contre le bordel où la baudelairienne pécheresse se livre nonchalamment, ivre de substances et d’oubli, lame de rasoir dans la bouche, à son brûlant sacerdoce.
L’action se situe en Haïti, dans la ville côtière de Jacmel, où Marie Madeleine, perruque orange, buste offert, corps voluptueux, officie dans la douleur et la douceur. Un jour qu’elle succombe à un abus de substance, un bras secourable la mène aux urgences d’un hôpital où sa profession l’expose au mépris et à l’indifférence. Une drôle de relation en ressort. Au bout du bras se tient en effet Joseph, garçon doux et timide, sitôt déchiré entre l’union maritale qui le destine à une sage jeune femme de sa communauté et la diablesse d’en face, qui ne le laisse pas en repos.
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