L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
Qui sait, en définitive, de quoi est fait un homme, les mondes qu’il renferme, les chemins et complexions qui se nouent au fond de lui ? A plus forte raison quand cet homme est son père, car alors le plus proche et aussi le plus lointain.
A la mort de son père, durant la crise du Covid-19, le cinéaste Gaël Lépingle, observateur d’une France et de sensibilités périphériques (Seuls les pirates, 2018 ; Des garçons de province, 2022), a découvert, dans les tiroirs de la maison parentale, des piles de Post-it, mais aussi des carnets numériques, soigneusement compilés. Sur ceux-ci étaient scrupuleusement consignés les moindres faits et gestes du quotidien, les allées et venues, la liste de choses faites ou à faire. Des notes fonctionnelles, qui, mises bout à bout, composent pourtant un curieux texte posthume : le texte d’une vie, qui sera aussi celui du film.
Retour avant 15 heures dresse donc le portrait in absentia de ce père, Dominique Lépingle, à partir des traces qu’il a laissées. Pour l’incarner, le cinéaste a fait appel au comédien Serge Renko, orfèvre de la douceur rentrée. Ainsi vaque-t-il aux mêmes occupations, dans le décor qui a constitué le centre de gravité de son existence : le pavillon de l’Orléanais, au cœur du quartier résidentiel où il a vécu. Son texte est donc constitué exclusivement de ces fameuses notes sèches, où les enjeux sont à ras de quotidienneté : réparer la tondeuse, élaguer les arbres du jardin, entretenir la terrasse.
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