« On commence enfin à être écoutés par des interlocuteurs qui ne nous répondaient pas il y a deux ans. » Quelques jours avant la projection du film Jim Queen en séance de minuit au Festival de Cannes, en mai, David Alric, le fondateur de Bobbypills, respirait mieux. Avec « un pitch complètement barré », comme le concède Marco Nguyen, son coréalisateur (avec Nicolas Athané), cette comédie raconte comment une célébrité de la scène gay parisienne fait équipe avec un de ses fans pour combattre une curieuse maladie qui menace leur communauté : l’hétérose.
Il y a encore un an, ils étaient loin de s’imaginer fêter sa sortie au sein de la grande famille du cinéma. « Jim Queen a été très compliqué à financer », résume son acolyte, le producteur Arthur Delabays, dans les vastes locaux qu’occupe Bobbypills depuis 2024 à Montreuil (Seine-Saint-Denis), aux portes de Paris. « Tout le parcours a été une dégringolade, abonde David Alric. Les gens qu’on démarchait nous disaient : “C’est génial, mais je ne peux pas le faire valider auprès de ma direction.” D’autres nous ont dit que ce n’était pas leur cible ou que c’était trop queer pour leur chaîne de télévision, que ça ne passerait pas en ce moment. »
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