Arborant fièrement son maillot bleu du Japon, José Tanabe a fait son choix. « Mon cœur a parlé », lance, enthousiaste, le sexagénaire, en tapotant l’écusson japonais sur sa poitrine. Cependant, sa casquette du club de Campinas, ville voisine de Sao Paulo, ne trompe pas : cet ingénieur à la retraite est bien né ici, au Brésil. Croisé à Liberdade, le quartier japonais de Sao Paulo, il fait partie des 2,7 millions de Brésiliens d’ascendance japonaise, qui, lundi 29 juin, devront choisir entre soutenir la Seleçao et les Samurai Blue pour le 16e de finale de la Coupe du monde de football qui oppose les deux équipes.
Principalement concentrés dans les Etats de Sao Paulo et du Parana, dans le sud du pays, les Nikkei brésiliens constituent la plus grande communauté nippone hors des frontières du pays du Soleil-Levant. A l’origine de ce flux migratoire, des raisons économiques. Au début du XXe siècle, l’Empire japonais n’arrive plus à subvenir aux besoins de sa population, qui croît trop vite.
Le pays signe alors des accords pour « exporter » une partie de ses paysans pauvres et sans terre vers le Brésil, lequel est à la recherche d’une main-d’œuvre à bas coût qui remplacera ses esclaves, libérés en 1888. Le 18 juin 1908 un contingent de 781 travailleurs japonais débarque dans le port de Santos, pour travailler dans six plantations de café de l’Etat de Sao Paulo. Jusqu’en 1963, près de 240 000 migrants leur emboîteront le pas.
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