Budget 2027 : des associations appellent le gouvernement à renoncer aux « économies qui appauvrissent les plus pauvres »
Le collectif Alerte, qui réunit 37 associations de lutte contre la pauvreté, a appelé, vendredi 16 octobre, le gouvernement et les parlementaires à renoncer dans le budget 2027 aux mesures d’économies qui fragiliseraient les ménages les plus précaires.
Gel des allocations familiales, recentrage de l’allocation de rentrée scolaire sur certains publics, diminution des moyens destinés à l’insertion et à l’accompagnement… Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 propose « des économies qui appauvrissent les plus pauvres » et « un effort qui reste totalement inéquitablement réparti », a dénoncé lors d’une conférence de presse Olivier Noblecourt, président du collectif Alerte.
Examiné depuis mardi dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale, le PLF « n’apporte aucune réponse structurelle aux causes de la pauvreté et à ses manifestations les plus violentes », a ajouté le responsable associatif, qui alerte sur la « gravité » de la situation.
Les associations de solidarité face à une hausse des demandes
Le taux de pauvreté s’est stabilisé en France à 15,4 % de la population en 2024, soit le plus haut niveau mesuré depuis le lancement de cet indicateur de l’Insee, il y a près de trente ans. Cela signifie que 9,8 millions de personnes avaient un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian, soit 1 337 euros pour une personne seule en 2024.
Dans ce contexte, les associations de solidarité font face à une hausse des demandes d’accompagnement et à une baisse de leurs moyens financiers, en raison de réduction des subventions publiques. Elles se sont mobilisées cette semaine pour réclamer davantage de moyens. « Les associations ont le sentiment de ne pas être entendues », a regretté Tarek Daher, président du Mouvement associatif, qui revendique 700 000 associations membres.
Dans le cadre des discussions budgétaires, elles demandent notamment au gouvernement de revaloriser les aides personnelles au logement (APL), la prime d’activité et les prestations familiales. Elles réclament également la suppression du délai de carence d’un an envisagé pour l’accès de certains étrangers en situation régulière à des aides sociales.