Il a fallu une septième journée de chaleur extrême pour qu’un nouveau cap soit franchi, dans les services d’urgence. Et même une nuit, celle du mercredi 24 au jeudi 25 juin, pour Catherine Legall, cheffe des urgences de l’hôpital d’Argenteuil (Val-d’Oise). « Nous avons eu à constater 6 décès, c’est une accélération extrêmement brutale », décrit-elle. Des « personnes âgées dont l’organisme a résisté au début [de la canicule], mais qui, au bout d’une semaine à de telles températures, de jour comme de nuit, voient leur cœur lâcher ». D’ordinaire, sur ce laps de temps, son service est confronté à un décès, voire aucun.
« Nous avons aussi reçu plein de patients en hyperthermie très sévères, des personnes âgés avec 41 de fièvre, des malades en insuffisance respiratoire, cardiaque, des épileptiques qui décompensent », rapporte l’urgentiste, ce jeudi, au sortir de la première cellule de crise qui s’est tenue dans son établissement. Les passages aux urgences ont augmenté pour atteindre 226 en 24 heures, contre 180 à 200 habituellement. Mais plus que le chiffre, c’est le profil des patients reçus qui vaut alerte : « Nous prenons en charge des personnes très fragiles, très âgées, et qui sont un défi pour nous parce qu’on ne peut pas les renvoyer chez elles. » Dans cet afflux, l’équipe voit arriver aussi des patients jeunes, « imprudents », qui requièrent une prise en charge en réanimation.
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