Voice of Freedom Повна версія

Canicule : récit d’une nuit tropicale où chacun cherche son ombre

· Politics

Sortir de la fournaise et respirer. Une nouvelle nuit « tropicale », terme utilisé par les climatologues pour décrire les heures nocturnes à plus de 20 °C, a à peine commencé, mardi 23 juin, qu’une étrange migration a saisi les rues de Paris et de la plupart des grandes villes. De terrasses en bancs publics, en passant par les fontaines des parcs, les piscines municipales et les rives des fleuves, chacun cherche son coin de fraîcheur. Il fait encore 38, 39 voire 40 degrés sur une grande partie du territoire en ce début de soirée caniculaire et il faut fuir l’air épais qui sévit partout.

Dans le Haut Montreuil (Seine-Saint-Denis), la piscine des Murs à pêches, qui a étendu ses horaires d’ouverture, est animée. Des grappes d’adolescents ont pris d’assaut l’immense toboggan, des familles se sont installées sur la pelouse. On court, on crie et on s’arrose. Elyes, un quinquagénaire venu du quartier Bel air avec ses deux fils, semble enfin souffler : « Rester dans un HLM quand on est serré, c’est difficile avec la promiscuité des appartements », explique l’ouvrier en bâtiment (toutes les personnes citées par leur seul prénom n’ont pas souhaité donner leur nom de famille).

Le F2 de Sarah Conovic, qui vit au Morillon, est « un four insupportable », raconte cette salariée d’un Ephad. « C’est impossible de dormir, même avec le ventilo. Alors être dans l’eau, ça fait du bien », dit-elle dans sa petite robe blanche en dentelle. Dans les logements sociaux, nombreux sur les hauteurs de cette banlieue populaire, la vie dans des appartements mal isolés peut rendre fou. Alors on sort, à tout prix.

Il vous reste 81.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.