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Cinq albums à découvrir cette semaine, d’Adam Laloum qui met son art au service de Robert Schumann aux expérimentations électroniques de Lucie Antunes

· Culture
  • Adam Laloum
    Robert Schumann

Adam Laloum
Robert Schumann

Robert Schumann : Novelletten, Kreisleriana. Adam Laloum (piano).

Après avoir prouvé par deux séduisants albums qu’il avait de multiples affinités avec Franz Schubert, Adam Laloum met son art au service de Robert Schumann. L’expression bipolaire du compositeur y est magnifiée d’emblée dans les Novelletten. La première pièce du cycle fait passer l’interprète des deux côtés du piano-miroir. Avivés sur une face, les contours mélodiques sont estompés sur l’autre. La même dualité vaut pour le débit torrentiel avec des rapides à l’écume bouillonnante et des retenues d’eau poétique. Adam Laloum y navigue avec une aisance qui impressionne tout autant dans les Kreisleriana. Six des huit pièces du recueil renforcent l’indication de jeu qui leur est propre par la mention « très ». Adam Laloum s’y montre donc… très schumannien. Jamais trop car, de la passion effervescente à la rêverie délicate, aucun des traits caractéristiques du compositeur n’est restitué avec excès. Pierre Gervasoni

  • Olivia Rodrigo
    You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love

Olivia Rodrigo
You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love

On a beau entendre ailleurs que ce troisième album de la starlette californienne Olivia Rodrigo, 23 ans, est salué comme celui de la « maturité » – l’inverse aurait été inquiétant –, on se gardera bien pour notre part de crier au génie. You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love, toujours produit et coécrit par Daniel Nigro, panache avec plus ou moins de réussite les refrains rock catchy du premier album et la pop mélo au piano du suivant. L’ancienne actrice de sitcom chez Disney, allure et sourire proprets, tente de s’acheter une crédibilité en s’affichant avec les figures rock Weezer, Breeders et The Cure. Si on perçoit la filiation avec le versant pop de Robert Smith sur U + Me = < 3 et Maggots for Brains, le duo avec l’idole échevelée de la new wave sur What’s Wrong with Me ne restera pas dans les annales. Le single The Cure pourrait éventuellement séduire si son riff de guitare n’était pas outrageusement calqué sur Everlong des Foo Fighters. On retient plutôt les bariolés My Way et Expectations qui investissent le dance floor synthrock de Wet Leg. Dommage toutefois que ce petit grain de folie soit noyé sur l’album par un excès de ballades « mouchoirs » (Begged, Less, Honeybee, Cigarette Smoke…). Au royaume de la pop mainstream, sa moins formatée consœur Billie Eilish règne toujours sans partage. Franck Colombani

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