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Condamnation d’Erik Tegnér, directeur de « Frontières » : le gouvernement dénonce les menaces en ligne visant un juge

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Le ministère de la justice a condamné, vendredi 19 juin, les attaques sur les réseaux sociaux visant un magistrat du tribunal de Bobigny depuis la condamnation, jeudi, du fondateur du média identitaire Frontières, Erik Tegnér.

« Comme à chaque fois qu’un magistrat est mis en cause personnellement, voire menacé, le ministère condamne avec fermeté », a déclaré le porte-parole de la chancellerie, Sacha Straub-Kahn, interrogé par la presse sur les attaques virulentes dont est victime le président de la formation collégiale du tribunal judiciaire de Bobigny qui a condamné Erik Tegnér en tant qu’ancien directeur de publication de Frontières.

« S’en prendre à un magistrat est inacceptable, a fortiori lorsque cela vise à remettre en cause une décision relevant de son plein exercice juridictionnel et de son indépendance. La direction des services judiciaires a un bureau dédié au suivi de ce type de situation », a ajouté le porte-parole.

Commentaires racistes et islamophobes

Erik Tegnér a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour avoir divulgué les données personnelles (nom, prénom, ville où ils exercent) d’avocats spécialisés en droit des étrangers, dans une enquête publiée en 2025 par Frontières. Présentés comme des « militants idéologiques » et désignés comme des « coupables cachés du chaos migratoire » tirant profit d’un « business juteux », ces avocats avaient ensuite été visés par des commentaires haineux sur les réseaux ou menacés.

Jeudi, à l’énoncé du jugement, le juge Youssef Badr avait rappelé qu’Erik Tegnér « ne pouvait ignorer que la publication était susceptible de causer des comportements violents à l’égard des avocats », visés par une « rhétorique virulente » et « une liste accusatoire et stigmatisante ».

M. Tegnér avait aussitôt dénoncé sa condamnation comme « une totale dinguerie », appelant ses proches et ses 98 000 abonnés sur le réseau social X à « se mobiliser », dans une vidéo (vue plus de 2 millions de fois). « On est en train de criminaliser la critique de l’immigration », avait-il affirmé, lançant « honte à eux ! » au sujet des magistrats.

Vendredi, M. Tegnér et ses soutiens, dont des figures de la mouvance d’extrême droite, ont vivement contesté sur les réseaux sociaux l’impartialité du juge, attaqué notamment comme « un militant ouvertement anti-RN ». Le magistrat, né en France de parents marocains, a, par ailleurs, fait l’objet de commentaires racistes et islamophobes.

Premier vice-président adjoint au tribunal judiciaire de Bobigny et ancien porte-parole du ministère de la justice, Youssef Badr préside l’association La courte échelle et est l’auteur de Pour une justice aux 1 000 visages.