Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte le 4 juin dans le Gers après sa disparition, a été violée, selon des résultats de l’autopsie susceptibles de donner lieu à un élargissement des poursuites contre le principal suspect, a appris vendredi Le Monde, confirmant des informations de BFM-TV.
Les causes de la mort ne sont toujours pas connues à ce stade. Père de famille de 41 ans, Jérôme Barella, a été mis en examen pour « enlèvement » et « séquestration ». Il est en détention provisoire à la prison de Mont-de-Marsan, à l’isolement. Selon nos informations, son ADN a été retrouvé sur le corps de Lyhanna lors de l’autopsie, et des traces de baillonage et d’entrave ont été constatées.
Les causes de la mort de l’enfant, tout comme l’existence de traces de violences sexuelles, sont essentielles pour la potentielle requalification des faits dont est actuellement accusé le suspect. Depuis le 5 juin, aucune communication officielle du parquet d’Agen n’est intervenue dans le dossier Lyhanna.
Un « continent caché » de violences sexuelles
« Face au pire pouvant arriver à une enfant et à des parents, leur colère n’a d’égal que leur dégoût. La famille demande que son intimité et sa vie privée soient respectées », a réagi jeudi soir dans un communiqué l’avocat des parents de Lyhanna, François Roujou de Boubée.
Les révélations sur plusieurs plaintes pour viols sur mineures, des signalements, dont un pour « comportement inapproprié » envers une lycéenne, visant Jérôme Barella ont suscité une vive émotion et relancé les interrogations sur les défaillances du système judiciaire.
Il y avait un « continent caché » de violences sexuelles, y compris sur des enfants, comme dans l’affaire de la jeune Lyhanna, « on a libéré la parole » à ce sujet, a affirmé Emmanuel Macron, sur France 2 jeudi soir.
Malgré des soupçons de pédocriminalité, il n’avait jamais été entendu par les enquêteurs avant la disparition de Lyhanna. Selon la procureure de la République d’Auch, il avait fait l’objet de plaintes pour viols sur mineures en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite. Une enquête est en cours pour la seconde. Cette seconde plainte a été déposée en août 2025 et le parquet de Toulouse l’a ensuite transmise au parquet d’Auch, les faits s’étant produits dans le village de Montestruc-sur-Gers, où habitait Jérôme Barella.
Selon la procureure d’Auch, elle n’a été reçue qu’en décembre 2025, puis transmise à la gendarmerie en janvier 2026. Jérôme Barella n’a jamais été entendu dans cette affaire.
Ces dysfonctionnements ont été pointés du doigt jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Lundi soir, pour la deuxième semaine consécutive, des milliers de personnes se sont rassemblées devant les palais de justice de France, souvent en réclamant une « loi intégrale » contre les violences sexuelles.