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Coupe du monde 2026 : sur le banc des Bleus, Guy Stéphan veut « assurer » face à la Norvège, en l’absence de Didier Deschamps

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A lui de prendre les rênes. Endeuillé par le décès de sa mère, mardi, et rentré en France pour ses obsèques, le sélectionneur de l’équipe de France, Didier Deschamps, sera remplacé par Guy Stéphan, son adjoint de toujours, pour le match des Bleus face à la Norvège, vendredi 26 juin, à Foxborough, près de Boston. Un sacré défi pour le technicien de 69 ans, peu habitué à se retrouver sous le feu des projecteurs.

« J’ai la sensation que je ne suis pas à ma place. La mienne est sur le terrain à mettre le matériel, en attendant que les joueurs arrivent », a-t-il confié jeudi, lors d’une conférence de presse, à l’université de Bentley, près de Boston, où la sélection a établi son centre d’entraînement. « Mais on est dans une situation cruelle pour Didier et sa famille, donc il faut assurer », a-t-il ajouté, à la veille de l’opposition face à Erling Haaland et ses coéquipiers.

D’autant que le Breton ne sera pas sur le banc pour un match quelconque : le sort de la première place du groupe I se jouera face aux Norvégiens, lors de cette rencontre (à 21 heures), qui sera l’ultime de la phase de groupes de la Coupe du monde. Guy Stéphan a qualifié ce rendez-vous d’« important » mais de pas « décisif », dans la mesure où la France est déjà qualifiée pour les seizièmes de finale (avec six points après deux journées).

En l’absence du numéro un, celui qui assure l’intérim entend faire comme d’habitude. « Je vais m’efforcer de rendre cette situation difficile la plus normale possible », a-t-il déclaré, en expliquant qu’il était en contact constant avec Didier Deschamps, par téléphone, bien que ce dernier soit dans l’Hexagone. Les deux hommes n’auront toutefois pas d’échanges pendant la partie, et très peu vendredi, car c’est le jour des obsèques de la mère du sélectionneur.

Ce dernier est « très affecté par ce qui lui arrive », selon son adjoint, qui a dit avoir « une pensée très forte pour Didier et sa famille », en compagnie de l’ensemble de l’encadrement et des joueurs de l’équipe de France. « Je vais m’efforcer, avec l’ensemble du staff, de me montrer digne de la confiance qu’il me porte », a insisté celui qui se trouve aux côtés de Didier Deschamps depuis 2009 à l’Olympique de Marseille et depuis 2012 avec les Bleus.

Les deux hommes se sont mis d’accord sur « un plan bien défini » pour le match face à la Norvège. S’il n’a pas annoncé clairement l’importance des changements à venir dans l’équipe de départ, par rapport au onze qui a débuté lors des succès face au Sénégal (3-1) le 16 juin, ou l’Irak, six jours plus tard (3-0), Guy Stéphan a fait part de sa volonté de « mettre la meilleure équipe possible », en tenant compte des temps de jeu des uns et des autres, et avec le souci de « faire vivre le groupe ». Ce qui veut dire que certains cadres pourraient céder leur place.

Saliba remplacé par Lacroix

Seule certitude : le défenseur axial, William Saliba, qui est un habituel titulaire, va être remplacé par Maxence Lacroix. Le joueur de Crystal Palace évoluera en charnière centrale avec l’inamovible Dayot Upamecano. Saliba, qui souffre de douleurs au dos depuis plusieurs semaines et avait confié récemment « ne pas se sentir à 100 % », a d’ailleurs été dispensé d’entraînement jeudi – tout comme l’attaquant Marcus Thuram.

L’autre point qui ne souffre d’aucune ambiguïté, c’est la volonté de Didier Deschamps et de son staff de s’imposer face à la Norvège pour terminer en tête du groupe. « La première place, c’est la meilleure, a souligné Guy Stéphan. Au niveau de la logistique, c’est complètement différent. Les temps de trajets sont beaucoup plus importants si on finit deuxième, avec une question d’horaires et de températures aussi. »

Les Tricolores, qui ont établi leur camp de base à Boston, ont eu la chance de jouer, lors de cette première partie de la compétition, dans des villes de la Côte est des Etats-Unis, relativement peu éloignées les unes des autres : à New York, Philadelphie, puis à Boston. Terminer en tête de leur groupe leur permettrait de bénéficier du même programme aux tours suivants – un 16e de finale à New York, un 8e à Philadelphie et un quart à Boston –, soit de rester dans un rayon de moins de 500 kilomètres et de demeurer dans le même hôtel que celui choisi pour le début du tournoi. S’ils devaient se contenter de la deuxième place du groupe I, ce ne serait pas la même histoire : ils devraient jouer leur seizième à Dallas, puis aller à New York en huitièmes, et repartir à Miami, en Floride, pour un éventuel quart. Un « road trip » de plus de 6 500 kilomètres !

Haaland « peut marquer à tout moment »

Pour garder la tête du groupe I, les Bleus ne doivent pas s’incliner face aux Norvégiens. Une victoire ou même un match nul leur suffirait car ils comptent une meilleure différence de buts que leurs adversaires. Le milieu de terrain Aurélien Tchouaméni, qui s’est exprimé peu avant Guy Stéphan face à la presse, a assuré que l’ensemble des joueurs tricolores étaient déterminés à remplir « la mission » que Deschamps leur avait fixée avant de traverser l’Atlantique : gagner face à la Norvège.

Mais ce ne sera pas une mince affaire face à une équipe de « valeur », disposant d’un « schéma de jeu bien défini » et qui a brillé depuis le début du Mondial, avec deux succès, face à l’Irak (4-1), puis le Sénégal (3-2), a mis en garde Guy Stéphan. Elle dispose surtout d’« individualités très fortes », selon lui, avec Martin Odegaard en chef d’orchestre et deux attaquants puissants, Alexander Sorloth et surtout Erling Haaland, auteur de 59 réalisations en 52 sélections. « Il peut marquer à tout moment. C’est un joueur de classe mondiale, très adroit devant le but », a prévenu Tchouaméni. Avant de lancer : « On sait qu’on va faire face à une très bonne équipe, mais on sera prêt. »

Avec l’espoir que le second intérim que devra assurer Guy Stéphan sur le banc des Bleus se passe mieux que le premier : le 3 juin 2022, le technicien breton avait dirigé un match de Ligue des nations face au Danemark au moment de la mort du père de Didier Deschamps. La France s’était alors inclinée 2-1, au Stade de France, à la surprise générale.