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Coupe du monde 2026 : Vozinha, héros contre l’Espagne, devient le visage du Cap-Vert

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« Aucune mère ne devrait manquer l’occasion de voir son enfant entrer dans l’histoire. » Dans un communiqué publié le 17 juin, Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants des Etats-Unis, a annoncé que la mère de Vozinha, le gardien de but du Cap-Vert, pourrait obtenir son visa à temps pour assister au deuxième match de son fils à la Coupe du monde de football. Avec sa sélection, il affronte l’Uruguay, dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 juin (minuit, heure de Paris).

Le 15 juin, elle avait dû regarder les tout premiers pas de l’archipel dans un Mondial de son domicile, situé sur l’île de Sao Vicente. Elle s’était heurtée aux barrières financières et administratives imposées au pays africain par l’administration Trump, et notamment à des frais de visa exorbitants ; dont une caution remboursable au retour, d’un montant compris entre 5 000 et 15 000 dollars (4 362 à 13 086 euros).

A plus de 6 000 kilomètres de là, son fils entrait dans l’histoire. Face à l’Espagne, championne d’Europe en titre et candidate au sacre en Amérique du Nord, Vozinha a effectué sept parades et permis aux Requins bleus – le surnom de l’équipe cap-verdienne – d’arracher un match nul (0-0). Au coup de sifflet final, le portier avait fondu en larmes.

« J’ai grandi avec mes grands-parents et, malheureusement, ils sont morts il y a quelques années. Ils ont tout fait pour moi et ils n’étaient pas là [aujourd’hui]. Ma mère aussi n’a pas pu venir à cause du visa », avait-il expliqué après la rencontre, précisant qu’il n’avait pas « réussi à réunir à temps l’argent suffisant ». La FIFA lui avait décerné le trophée d’homme du match.

Parcours tardif et atypique

Le sélectionneur du Cap-Vert, Bubista, a vu dans son émotion des « larmes de résilience ». Celles-ci racontent un parcours tardif et atypique. Né à Mindelo, en 1986, Vozinha se nomme en réalité Josimar José Evora Dias. Son prénom lui a été donné en hommage à Josimar, ancien international et latéral droit brésilien, qui s’était illustré, l’année de sa naissance, en inscrivant des buts restés dans les mémoires, lors du Mondial au Mexique, avant de remporter la Copa America en 1989.

« Tous ceux qui jouent au football depuis l’enfance ont un jour rêvé de participer à la Coupe du monde », a-t-il confié au média nord-américain spécialisé dans le football Men in Blazers. Un rêve longtemps resté lointain. Vozinha n’a signé son premier contrat professionnel qu’à 25 ans, au CS Mindelense, dans sa ville natale. Il dispute son premier match international en 2012, mais s’exile successivement en Angola, en Moldavie, à Chypre et en Slovaquie pour jouer en club. Il évolue aujourd’hui en deuxième division portugaise, sous le maillot du GD Chaves, dans le nord du pays.

Depuis, il a disputé quatre Coupes d’Afrique des nations avec le Cap-Vert – le petit archipel a atteint les quarts de finale de cette compétition en 2023 –, dont il est devenu l’un des cadres. C’est pour une large part grâce à Vozinha que les Cap-Verdiens se sont qualifiés pour le Mondial, la première de leur histoire : avec six matchs sans encaisser de but sur dix, ils ont terminé premier du groupe D des éliminatoires africains et ont directement validé leur billet pour le tournoi américain.

Les exploits du gardien de but face à l’Espagne, lundi 15 juin, en ont soudainement fait le visage international de la sélection cap-verdienne. De 50 000 abonnés avant le match, le compte Instagram de Vozinha comptait… plus de 14,9 millions de followers un peu moins d’une semaine plus tard. Contre l’Uruguay, il évoluera donc sous les regards de nombreux nouveaux admirateurs. Mais, cette fois-ci, il y aura aussi sa mère dans les tribunes.