Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte à la suite de l’accident d’avion dimanche près de Nancy qui a fait 11 morts, a annoncé, mardi 30 juin, le procureur adjoint responsable du pôle accidents collectifs du parquet de Paris. « C’est une enquête qui est particulièrement complexe », a expliqué Christian de Rocquigny lors d’une conférence de presse à Nancy, en soulignant que « ce sont des expertises, des investigations techniques qui prennent du temps ».
Onze personnes, dont cinq devaient faire leur baptême de parachutisme, ont été tuées dimanche à Tomblaine dans la chute encore inexpliquée du petit avion qui les transportait, un drame qui constitue l’accident d’aviation légère le plus meurtrier en France. Les victimes sont cinq moniteurs de parachutisme, cinq élèves et le pilote. Toutes les personnes à bord sont mortes et « il n’y a pas de victimes collatérales », avait déclaré le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy.
Parallèlement à l’enquête judiciaire est ouverte une enquête de sécurité menée par le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile, a déclaré mardi le procureur Christian de Rocquigny. L’objectif est de « connaître la cause technique ou humaine d’un crash aérien pour améliorer les procédures, et avoir des réponses pour expliquer ce qu’il s’est passé, et, éventuellement, a ajouté le procureur, identifier les responsables afin qu’ils puissent être jugés devant le tribunal correctionnel de Paris ».
L’appareil, de type Pilatus immatriculé en Allemagne, « a commencé à prendre son envol » de l’aérodrome de Nancy-Essey et est ensuite « tombé subitement », a retracé sur place le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. Vers 11 heures dimanche, il s’est écrasé à environ 300 mètres de la piste, sur une zone herbeuse, non loin d’une zone résidentielle et de deux routes.
La plupart des victimes identifiées
Le pilote français de l’avion était un professionnel expérimenté, « l’un de nos meilleurs pilotes », a déclaré mardi le PDG de la compagnie aérienne Classic Wings, qui l’employait. Il s’appelait « Laszlo Sandrin, il avait 44 ans », et totalisait plus de 11 000 heures de vol, dont 5 000 sur ce type d’appareils, un Pilatus, a affirmé à l’Agence France-Presse Rob de Man. « Nous sommes tous sous le choc », a poursuivi le patron de la compagnie allemande.
Laszlo Sandrin « avait volé partout dans le monde, y compris en Afrique, il avait l’habitude des fortes chaleurs », a aussi souligné M. de Man, qui s’exprimait en anglais, et selon lui « l’avion était en état de partir au moment du décollage ».
La plupart des victimes ont été identifiées : Cynthia Vally, 48 ans, mariée, mère de famille et cheffe de bloc opératoire dans une clinique privée de Nancy ; Youssef El Idrissi, 48 ans, comptable dans une entreprise de la région ; et, selon la presse locale, un lycéen de 18 ans en terminale ; une étudiante en soins infirmiers de 20 ans ; et un infirmier libéral exerçant à Nancy, Damien Giacovelli.
Les cinq autres personnes qui ont perdu la vie étaient les moniteurs de parachutisme qui devaient accompagner les cinq précédents lors d’un saut en tandem. Davy Tellier, 53 ans, pompier professionnel au Luc (Var) ; Albéric Moulès, trentenaire originaire de Nouvelle-Calédonie, qui résidait en Charente ; Filip Kovacecic, 51 ans, qui avait plus de 7 000 sauts à son actif ; Pierre Graber, qui se définissait sur Facebook comme « parachutiste, musicien et aventurier de la vie » ; et Anthony Planchon, instructeur de parachutisme dans un club à Strasbourg et pilote.
Rob de Man, qui dit avoir été entendu par les autorités sur place, n’a pas souhaité s’exprimer sur les causes possibles de l’accident : « Je ne veux pas spéculer. L’enquête est en cours, il faut attendre les résultats. »