L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
Il faut faire attention aux premières minutes d’un film, car elles en contiennent parfois l’essentiel. Parmi les premières images de La Gradiva, Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes, en mai, celle d’un train sortant d’un tunnel est bientôt suivie, en très gros plan, d’un œil avide qui envahit tout le cadre. D’emblée, le raccord est poétique : ce sont, littéralement, deux « ouvertures à l’iris », deux naissances de l’image, l’une par la lumière, l’autre par le regard. Pour ce premier long-métrage en tant que réalisatrice, Marine Atlan n’a certes pas oublié son bagage de cheffe-opératrice (Le Ravissement, d’Iris Kaltenbäck, en 2023 ; L’Engloutie, de Louise Hémon, en 2025), puisqu’elle en signe également la photographie. Ses jeunes personnages lycéens apparaissent ainsi dans un papillotement de lumière.
La Gradiva décrit le séjour d’une classe d’élèves de terminale dans la ville de Naples, parmi les strates d’histoire qui la composent à ciel ouvert. Il y a, d’un côté, leur professeure, Mme Mercier (Antonia Buresi), qui promène sa classe sur le site volcanique du Vésuve, devant la Villa des mystères ou encore sur le site de Pompéi. Et puis, de l’autre, il y a les élèves, gentiment turbulents et déconcentrés, parce qu’agités en sous-main par les cruels jeux du désir.
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