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Dans la police, les recrutements massifs fragilisent la formation et l’entrée dans le métier des gardiens de la paix

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Les journées de Rémi (l’identité des policiers interrogés, tenus au devoir de réserve, a été modifiée) se suivent et se ressemblent. Debout derrière des barrières, aux abords de l’Elysée, il regarde le temps passer. Les heures s’étirent entre les relèves, les contrôles de sécurité et les touristes venus prendre des photos. « Pour moi, ce n’est pas ça être policier », souffle ce gardien de la paix de 23 ans.

Quelques mois plus tôt, il imaginait un autre début de carrière. Titulaire d’un bac professionnel, il entre dans l’une des douze écoles nationales de police avec l’espoir de rejoindre une compagnie républicaine de sécurité (CRS) ou police secours. « Je voulais faire du terrain, du maintien de l’ordre », raconte-t-il.

Mais, dans la police nationale, le premier poste dépend du classement de sortie. Les mieux classés choisissent les services les plus convoités. Les autres héritent des postes vacants dans les dépôts judiciaires, les centres de rétention administrative (CRA) ou les missions de sécurisation. Une mauvaise note en connaissances juridiques a fait chuter Rémi au-delà de la 1 100e place sur environ 1 400 élèves. Les affectations qu’il convoitait sont devenues inaccessibles.

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