Dans une Nouvelle-Calédonie divisée, un regain d’intérêt pour le 14-Juillet sous pavillon français
Debout derrière une montagne de lampions bleu, blanc, rouge, la maire nouvellement élue de Dumbéa, Cynthia Jan (divers droite), s’affaire aux côtés d’une dizaine de volontaires en cette veille de 14-Juillet. Malgré leurs efforts pour distribuer aussi vite que possible les lanternes de papier, la file d’attente ne cesse de s’allonger. Le bal-guinguette sous les tentes illuminées aux couleurs du drapeau français, une nouveauté, et la retraite aux flambeaux ont attiré des milliers de personnes, pour le plus grand plaisir de l’édile, non-indépendantiste convaincue, qui entend ainsi « célébrer notre appartenance à la République française, lien que les Calédoniens ont renouvelé de leurs vœux par trois fois ». Trois référendums d’autodétermination ont en effet eu lieu dans l’archipel entre 2018 et 2021, mais le dernier est contesté par les indépendantistes qui l’ont boycotté. Depuis, le processus institutionnel est au point mort.
Le public est composé de familles de toutes ethnies et de tous bords politiques dans l’ambiance « joyeuse et familiale » vantée par la maire, sur un territoire où les signes identitaires, à commencer par les drapeaux, sont pourtant une source de crispation. L’explosion de violences de 2024 a été précédée de nombreuses manifestations et contre-manifestations, que chaque camp avait à cœur de pavoiser de ses couleurs. Alors que le drapeau indépendantiste s’affiche depuis 2011 sur les frontons des édifices publics, la province Sud, aux mains des non-indépendantistes, l’a fait retirer de l’hémicycle fin 2024 et illumine désormais sa façade de bleu, blanc, rouge.
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