Défiant l’interdiction de la Préfecture de police de Paris, plusieurs milliers d’étudiants et de lycéens se rassemblent dans le centre de la capitale
« On ne nous empêchera pas de manifester » : défiant l’interdiction de la Préfecture de police de Paris (PP), plusieurs milliers d’étudiants et lycéens se sont rassemblés, mardi 3 novembre, dans le centre de la capitale, tandis que plusieurs facs et lycées enregistraient des blocages.
La PP a fait état de deux cortèges interdits qui ont été « repérés et immédiatement encadrés par les policiers ». Bloqués pendant environ une heure, les manifestants sont repartis dans l’après-midi vers la Sorbonne, avant de se disperser dans le calme aux alentours de 16 heures, a constaté l’Agence France-Presse (AFP).
Le parcours souhaité par l’Interfac Ile-de-France, qui se présente comme l’assemblée générale des étudiants des facultés franciliennes, devait relier le Panthéon, dans le Ve arrondissement, jusqu’au siège du Medef, dans le VIIe arrondissement. Mais la PP a mis son veto n’autorisant qu’un défilé en périphérie, entre les portes de Charenton et de Montreuil. Les autorités attendaient entre 10 000 et 20 000 manifestants.
Toujours mécontentes des annonces faites par le gouvernement, les organisations de jeunesse ont lancé un appel mardi aux blocages des facs et des lycées avant la mobilisation interprofessionnelle nationale du 5 novembre à laquelle elles entendent participer.
Sur l’ensemble du territoire, quarante-huit lycées, sur les quelque 3 700 que compte la France, étaient bloqués mardi, selon le ministère de l’éducation. Des chiffres de nouveau contestés par l’Union syndicale lycéenne (USL), qui dit en avoir recensé dix fois plus (500).
Elèves nassés à Rennes
« Nos élèves ont besoin d’aller en cours pour préparer le baccalauréat et la suite de leurs études. Les empêcher d’entrer dans leur lycée, c’est les priver d’un droit fondamental, celui de s’instruire », a répété sur X le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray. « Dans certains de ces lycées, des personnels de l’éducation nationale ont de nouveau été victimes de violences (…) Chaque fois qu’un membre de l’institution scolaire est pris à partie dans l’exercice de ses fonctions, nous saisissons la justice », a-t-il ajouté.
A Rennes, la police a dispersé en fin de matinée les quelques centaines de lycéens, accompagnés de syndicalistes et enseignants, qui déambulaient dans le calme en centre-ville malgré l’interdiction de manifester. Plusieurs dizaines d’élèves ont été contrôlés après avoir été nassés, sans réel incident, a constaté l’AFP.
A Lille, où des policiers étaient présents devant certains lycées mardi matin, la préfecture a déployé un « dispositif de sécurité » devant une dizaine d’établissements de la métropole pour « garantir la sécurité » des élèves souhaitant assister aux cours. Côté universités, plusieurs campus dont ceux de Moulins et de Pont-de-Bois, deux des principaux de l’université de Lille, sont fermés pour la journée à la suite de blocages, a annoncé l’université à l’AFP.
Le préfet du Bas-Rhin a, de son côté, interdit pour toute la semaine les « rassemblements constituant une manifestation revendicative sur la voie publique » dans un rayon de 50 mètres autour de 11 lycées de l’Eurométropole de Strasbourg.
Après plus d’un mois de blocus, le gouvernement a annoncé une série de mesures la semaine dernière pour tenter d’éteindre la colère des jeunes, dont le remplacement progressif d’ici 2028 de Parcoursup, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Lundi, 15 % des établissements de l’enseignement supérieur ont été perturbés, selon le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Certains comme la fac de Dauphine-PSL à Paris prévoient de rester portes closes jusqu’à jeudi inclus.
L’intersyndicale regroupant l’USL, l’UNEF, la FAGE et l’Union étudiante réclame de son côté toujours l’abrogation de la plateforme d’orientation post-bac et 10 milliards d’euros d’investissement.