« Disons, un soir à dîner », de Giuseppe Patroni Griffi met au menu la libération sexuelle
De Disons, un soir à dîner (Metti, una sera a cena), on ne connaissait que la ritournelle pop et obsédante écrite par Ennio Morricone (1928-2020) et figurant dans un grand nombre d’anthologies des morceaux écrits par le compositeur. Réalisé par Giuseppe Patroni Griffi (1921-2005), le film avait été présenté au Festival de Cannes en 1969 en compétition officielle. Il était devenu quasi impossible de le voir depuis de nombreuses années. Le distributeur Les Films du Camélia ressort en salle une splendide restauration effectuée par la Cineteca Nazionale de Rome. L’occasion de découvrir une œuvre tout à la fois inclassable et pourtant si typique de son époque.
Disons, un soir à dîner, transposition cinématographique d’une pièce de théâtre écrite par Patroni Griffi lui-même, met en scène trois hommes et deux femmes se livrant à un chassé-croisé amoureux passant de la condition de femme et mari à celle d’amant et maîtresse dissertant sur la tentation du sexe extraconjugal et l’amoralité joyeuse du libertinage bourgeois.
Le film fit scandale en Italie, mais incarna exemplairement une société qui, miracle économique oblige, se jetait dans une forme d’hédonisme collectif, encouragé par le développement de la consommation. Car c’est, en effet, une œuvre dont on pourrait dire que les personnages se « consomment » tous les uns les autres. Volontiers bavard, un peu empêtré pas son origine théâtrale, Disons, un soir à dîner bénéficie d’une distribution luxueuse.
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