L’éléphant au milieu de la pièce. Alors que le Rassemblement national (RN) tenait une conférence de presse, mardi 6 octobre, pour présenter son contre-budget, plusieurs journalistes ont questionné le président du parti d’extrême droite, Jordan Bardella, embarrassé depuis une semaine par l’enquête de Mediapart – il aurait, selon le site d’investigation, tenu de manière répétée des propos antisémites et complotistes dans des conversations privées datant de ses débuts au Front national, en 2013.
Jordan Bardella avait déjà réagi à plusieurs reprises ces derniers jours pour contester « formellement » ces accusations. Il a d’ailleurs assuré que son avocat avait déposé une plainte en diffamation contre Mediapart.
S’il ne faisait aucun doute que le sujet serait abordé, les cadres du RN présents – Jordan Bardella, Marine Le Pen et Jean-Philippe Tanguy – ont tant bien que mal tenté d’éviter les questions des journalistes, dont celle du Monde. Finalement, interpellé par un journaliste de Mediapart, Jordan Bardella de nouveau démenti ces accusations.
« Je conteste d’abord formellement vos accusations. Je conteste vos preuves et je conteste vos sources. Nous aurons l’occasion d’en discuter devant les tribunaux », a affirmé celui qui est pressenti pour être le premier ministre en 2027 si Marine Le Pen venait à être élue. Il a en outre assuré que l’une des sources citées par Mediapart aurait annoncé lundi « avoir été manipulée ». « J’imagine que vous auriez adoré me voir poser le genou à terre, mais c’est très mal me connaître », a ajouté le président du RN.
« Les Français seront juges »
Jordan Bardella s’est également attaqué aux journalistes qui ont rédigé l’enquête : « Vous êtes ces dernières heures, en train de contacter un à un les amis avec qui j’étais au collège et au lycée, pour leur demander de vous restituer les conversations privées et les copies d’écran des échanges que j’ai pu avoir entre 12 et 16 ans. Donc je ne vais pas accuser ces méthodes de perversité, même si je pense que les Français seront juges. »
Alors que Jordan Bardella conteste l’extraction des conversations Messenger par Meta, maison mère de Facebook − obtenue par Mediapart le 16 août et certifiée par huissier le 29 septembre −, un journaliste de Franceinfo lui a demandé pourquoi, afin de se défendre, ce dernier ne ferait pas la même chose, ce qui permettrait d’appuyer son démenti. « Je n’utilise plus Facebook depuis très longtemps », a-t-il expliqué. « J’ai une page qui est gérée par le service de communication du parti, mais je n’ai pas de compte Facebook », a-t-il insisté.