Emmanuel Macron bouscule la campagne présidentielle en introduisant la crise internationale dans le débat politique
Acte de transparence ou dramatisation trompeuse ? En introduisant les tensions géopolitiques au cœur du débat politique, Emmanuel Macron a semé le doute. La convocation des responsables politiques à l’Elysée, vendredi 18 septembre, pour les informer de la gravité de la situation internationale, a dessiné une ligne de partage entre les candidats à l’élection présidentielle : ceux aux positions ambiguës face à la Russie – Marine Le Pen (Rassemblement national) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) – ont snobé la réunion, jugeant futile ou « gesticulatoire » l’initiative du chef de l’Etat. Les autres ont pris l’invitation au sérieux, apparaissant plus responsables, quand bien même ils n’étaient pas dupes de l’opération.
Depuis, la candidate du RN a « changé d’approche », souligne-t-on à l’Elysée. Une allusion au communiqué de Marine Le Pen et Jordan Bardella publié le lendemain de la réunion à l’Elysée, dans lequel les deux têtes du parti invitent à considérer « avec le plus grand sérieux » la confiscation par Moscou d’actifs ou de filiales d’entreprises françaises et plusieurs opérations d’intimidations et d’ingérences portant le sceau russe. Si le calcul d’Emmanuel Macron était de contraindre la candidate d’extrême droite à prendre ses distances avec la Russie, c’est réussi.
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