Tenir tête au chef vaut crime de lèse-majesté au Rassemblement national (RN). Même quand cela vient de Jordan Bardella, qui préside le parti d’extrême droite. Même quand la cible, Marine Le Pen, voit son autorité et ses ambitions présidentielles menacées dans l’attente du 7 juillet, date de l’arrêt de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (devenu RN en 2018). Jordan Bardella a ostensiblement rompu, fin mai, avec la ligne de son aînée sur la question des retraites et enterré la fable patiemment tissée depuis deux ans, faisant du RN un parti « pas comme les autres », sans rivalité interne ni lignes divergentes.
L’eurodéputé n’avait plus qu’un mois à tenir avant sa possible émancipation. Libre à lui de poser sa patte sur le programme, mais seulement en cas d’empêchement de la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale. Elle-même avait ouvert la voie à son futur affranchissement, le 1er mai : « Les arbitrages [programmatiques] ne seront pas tranchés avant le 7 [juillet], car ni l’un ni l’autre ne veut être coincé dans un projet qui n’est pas le sien. » Mais les ambitions de celui qui, pour l’heure, n’est candidat qu’à la fonction de premier ministre, ont eu raison de la hiérarchie lepéniste.
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