Il ne reste plus que des caravanes et de nombreuses cabanes de tôle et de bois, portes grandes ouvertes sur des matelas renversés et des affaires abandonnées. Le plus grand bidonville de la Seine-Saint-Denis, et peut-être d’Ile-de-France, installé à Stains depuis 2008, a été démantelé mercredi 1er juillet. La quasi-totalité des 600 Roms qui vivaient là sont partis avant le début du déploiement de la police, à 7 heures, informés bien en amont – avec des flyers en roumain – et, pour certains, hébergés par l’Etat. « C’est l’aboutissement de tout un travail collectif », a fait valoir le préfet, Julien Charles, lors d’une brève conférence de presse, avant de saluer le « rôle majeur » joué par les associations. « Cela se fait dans la dignité, et dans le respect des droits humains », a salué le maire de Stains, Azzédine Taïbi (divers gauche).
Les actes, comme les paroles, tranchent avec ce qui se pratiquait dans ce département : « Des expulsions qui n’étaient pas toujours annoncées, et dont la date exacte restait taboue », décrit Clément Etienne, coordinateur de la mission bidonvilles de Médecins du monde (MDM) et porte-parole du collectif Bidonvilles 93, qui réunit une vingtaine d’associations ; des habitants qui devaient rassembler leurs affaires à la va-vite, et auxquels étaient proposées « trois nuits d’hôtel, au mieux ». Les personnes partaient se réinstaller ailleurs, jusqu’à la prochaine expulsion.
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