« Entroncamento » : en périphérie de Lisbonne, nuit sombre au cordeau
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
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En mai 2025, Le Rire et le Couteau, de Pedro Pinho, marquait le Festival de Cannes avec ce périple sensoriel d’un ingénieur portugais (Sergio Coragem), débarquant en Afrique de l’Ouest (Guinée-Bissau) et perdant tous ses repères, postcoloniaux, amoureux, sexuels, etc. Ce fabuleux film-fleuve, sélectionné pour Un certain regard, avait valu le prix d’interprétation à l’autre actrice principale, Cleo Diara, d’origine cap-verdienne.
On retrouve avec bonheur les deux comédiens dans la fiction d’un autre Portugais, Entroncamento, deuxième long-métrage de Pedro Cabeleira, né en 1992. Le titre renvoie au nom de la cité de banlieue où le réalisateur a grandi, auprès de ses parents instituteurs. On se trouve à une heure de voiture de Lisbonne, si près si loin, dans un milieu de petits gangsters que le cinéaste a documenté grâce à des jeunes du cru.
Ici, c’est plutôt nuit sombre au cordeau. L’image d’Entroncamento – signée par la cheffe opératrice Leonor Teles, également réalisatrice – est crépusculaire, là où Le Rire et le Couteau irradiait de lumière. Sélectionné en 2025 dans la section cannoise de l’ACID, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion, le polar de Cabeleira s’ancre dans un quartier déserté, berceau de l’industrie ferroviaire, avec ses décors naturels de voies ferrées, d’immeubles communautaires et de sous-sols vides, propices aux planques et aux deals.
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