Politique

Exploitation des hydrocarbures : les élus guyanais accusent Paris de « colonialisme vert »

Exploitation des hydrocarbures : les élus guyanais accusent Paris de « colonialisme vert »

« Rupture avec la gauche française », « positions dogmatiques prises depuis Paris »… Au lendemain du rejet en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le 3 juin, d’une proposition de loi du sénateur de Guyane Georges Patient (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants), les deux députés de la Guyane Jean-Victor Castor et Davy Rimane, membres du groupe de la Gauche démocratique et républicaine (GDR), n’ont pas mâché leurs mots pour dénoncer un « colonialisme vert » imposé au détriment du développement de la Guyane. Le texte qu’ils défendent vise à lever, pour l’ensemble des collectivités ultramarines qui y sont soumises, l’interdiction de délivrer des titres d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures instaurée par la « loi Hulot » de 2017.

Adoubée par le Sénat le 29 janvier contre l’avis du gouvernement dans un contexte de crise des carburants, la proposition de loi examinée jeudi 11 juin par l’Assemblée nationale a peu de chances d’être adoptée. Elle n’a le soutien ni du bloc central, ni celui de la gauche qui y voit une « régression environnementale considérable » contraire aux engagements de la France. La loi Hulot, promulguée quelques mois après l’octroi aux collectivités de la compétence pour délivrer des titres miniers en mer, « avait suscité l’incompréhension et, aujourd’hui, soulève l’amertume des populations et responsables des territoires où des travaux d’exploration en cours nourrissaient beaucoup d’espoir », a souligné Jean-Victor Castor, rapporteur du texte, en commission des affaires économiques le 3 juin.

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