Fabien Truong, sociologue : « La mobilisation du 17 octobre a montré la grande fragmentation des jeunesses dans les quartiers populaires »
Ancien professeur de lycée en sciences économiques en Seine-Saint-Denis et enseignant à l’université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis, le sociologue Fabien Truong est l’auteur de plusieurs enquêtes sur la jeunesse des banlieues, parmi lesquelles Grands ensemble (La Découverte, 2025), avec Gérôme Truc, et Terrain vague (Ed. de l’EHESS, 228 pages, 14,80 euros). Il analyse la participation de la jeunesse des quartiers populaires à la contestation sociale et invite à penser les causes des violences qui l’ont accompagnée.
Lors de la mobilisation du 17 octobre et de ses débordements, on a vu beaucoup de jeunes de quartiers populaires participer pacifiquement au cortège, mais aussi d’autres figurant parmi ceux qui ont pillé des commerces. Quel regard portez-vous sur les différentes façons dont ils s’inscrivent dans ce mouvement ?
Ce qu’a montré ce moment, c’est la grande fragmentation des jeunesses dans les quartiers populaires, dont on a une vision très homogénéisante. A partir de l’âge de 16 ans, une grande division se fait au travers du prisme de l’école. Une part de cette jeunesse, dans les franges les plus pauvres, se retrouve déscolarisée. Ces jeunes sortent du système sans le brevet, ont peu de projection vers l’avenir et portent beaucoup de colère envers les institutions.
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