Politique

Face à la canicule, le nébuleux « plan climatisation » du RN

Face à la canicule, le nébuleux « plan climatisation » du RN

Le Rassemblement national (RN) invoque aujourd’hui les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). L’acronyme n’avait pourtant, jusqu’alors, suscité que mépris, moqueries et indifférence de la part des élus lepénistes. « Le GIEC est une catastrophe pour le moral déjà très bas des Français », alertait fin 2023 la députée Katiana Levavasseur, quand son voisin d’hémicycle Hervé de Lépinau tançait des « propagandistes [qui] ont un côté effrayant ». « Il faut savoir dire en politique qu’on n’a pas été clairs et qu’on a même dit des bêtises », a platement reconnu dimanche 21 juin sur France Inter Thomas Ménagé, porte-parole des parlementaires d’extrême droite, trois ans après avoir lui-même considéré que « si on sui[vait] bêtement les données du GIEC, on risqu[ait] de contrevenir à la qualité de vie des Français ».

La révolution sémantique du RN relève cependant moins de la conversion scientifique que de l’opportunisme politique. Si le parti présidé par Jordan Bardella, après des années de déni, relaie enfin les inlassables constats des experts sur la nature et l’ampleur du réchauffement climatique, c’est principalement pour dénoncer l’impréparation de l’exécutif et de l’Etat face au nouvel épisode de canicule subi par la France. « Le gouvernement est là pour impulser une direction, prendre une décision – oui ou non, à la climatisation – (…) et impulser la mise en œuvre de cette décision, y compris au travers des collectivités, mais d’abord au travers des secteurs dont ils ont la responsabilité. Ce n’est pas plus que ça qu’on leur demande », a sermonné vendredi 19 juin Marine Le Pen, en visite au salon Vivatech.

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