Politique

Face à la canicule, Léo Prassel, un jeune maire en première ligne : « Je suis moins inquiet de demain que des dix ou vingt prochaines années »

Face à la canicule, Léo Prassel, un jeune maire en première ligne : « Je suis moins inquiet de demain que des dix ou vingt prochaines années »

Vendredi 19 juin, Françoise Gatel fait un désarmant aveu d’impuissance devant les maires de l’Association des petites villes de France, réunis en assises à Château-Thierry (Aisne) pour deux jours. « Quand vous êtes dans vos mairies, déclare à la tribune la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, vous avez une chaîne de commandement. Vous avez décidé de choses avec votre conseil municipal et la chose se déroule. » Un pouvoir dont l’Etat serait de plus en plus dépourvu, selon elle : « Nous, ça n’est pas le cas, poursuit-elle. Le premier ou le dernier kilomètre, on l’a perdu de vue. Il y a des ruptures dans la chaîne de réalisation. »

De fait, au même moment, Léo Prassel, maire (divers gauche) de Bavilliers (Territoire de Belfort), qui participe aux assises, gère à distance l’arrivée de la canicule sur sa commune, passée en vigilance orange jeudi. « Je prends un arrêté pour fermer l’école maternelle lundi et mardi », explique-t-il. En période de fortes chaleurs, la carapace de métal et de plexiglas de ce bâtiment des années 1980 s’échauffe comme une cocotte-minute. « C’est un enfer », décrit le maire. Lundi et mardi, alors que la météo annonce un pic à 36 °C, les élèves les moins âgés vont donc prendre l’air frais au point culminant du département, le Ballon d’Alsace (1 247 mètres d’altitude) le matin, et sont dispensés de classe l’après-midi.

Face à un Etat qui s’avoue lui-même défaillant, les maires sont en première ligne pour gérer les vagues de chaleur de plus en plus intenses. Dimanche 21 juin, seul dans sa mairie, Léo Prassel fait un tour d’horizon. L’après-midi est étouffant, et Bavilliers a des allures de ville confinée. Dans la rue principale, blanche de chaleur, pas âme qui vive. Pas un arbre, peu d’ombre, les volets sont fermés. De la fenêtre du maire, on voit quelques enfants qui jouent avec l’eau de la fontaine, vite rappelés par leur mère.

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