Pour la première fois dans l’histoire du Festival d’Avignon, et certainement du théâtre mondial, trois autocuiseurs de riz figurent officiellement dans la distribution d’un spectacle. Cette excentricité annonce l’heure étrange et envoûtante que l’on s’apprête à passer avec ces trois comédiens-robots prénommés Duri, Hana et Seri. Et, accessoirement, avec le metteur en scène, performeur et vidéaste Jaha Koo, mis à l’honneur avec trois spectacles programmés dans ce 80e Festival d’Avignon associant la langue coréenne. Parmi eux, donc, ce Cuckoo qui tire son nom d’une célèbre marque commercialisant des cuiseurs.
Un humain, trois robots, et quatre solitudes s’effleurent pour nous immerger dans l’espace-temps tragique de la génération accidentée de cet artiste né en 1984. Après des années de boom économique, la Corée du Sud subit un krach en 1997 qui l’oblige à accepter une aide du Fonds monétaire international (FMI). La signature de ce prêt, qui reste dans l’histoire comme la « Journée de l’humiliation nationale », ouvre une période de chômage, d’inégalités et de troubles, où toutes les rébellions seront matées avec une grande brutalité. Un dispositif vidéo ouvrant le spectacle prend en charge ces événements et restitue, avec un collage débité sur le mode du zapping, la violence d’une époque fissurant l’image policée associée souvent au pays.
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