Festival d’Avignon : Lee Jaram, figure palpitante du pansori, blues ancestral coréen
C’est tout simple. On a terriblement envie de la retrouver et de s’engouffrer avec elle dans le blizzard. Un gros frisson en plein cagnard avignonnais ? Filez à l’Opéra, où l’artiste coréenne Lee Jaram, figure palpitante du pansori, ce blues chanté-parlé ancestral, joue Neige, neige, neige, d’après Maître et serviteur, de Tolstoï. Prévoyez la doudoune et les gants, car les rafales sont méchantes et attaquent sans vous demander votre avis.
Par où commencer, tant la puissance et la subtilité de Lee Jaram se révèlent immédiatement adhésives ? Programmée le 23 mai au Seongnam Arts Center, dans la banlieue résidentielle de Séoul, et du 17 au 22 juillet à l’Opéra d’Avignon, cette star incroyablement modeste, bien que régulièrement récompensée par des prix prestigieux, a soulevé les spectateurs suspendus aux moindres péripéties de son incroyable virée dans la campagne russe. Mais quid du public d’Avignon ? « C’est la troisième fois que je suis à l’affiche dans la cité des Papes », dit-elle, souriante et décontractée. En 2011, elle y présentait Le Dit de Sichuan, d’après Bertolt Brecht, au Théâtre des Halles, puis, en 2016, Le Chant de l’étranger, inspiré par Gabriel Garcia Marquez, dans la même salle. Du Festival « off » au « in », autant dire qu’elle connaît l’ambiance et la surchauffe d’une manifestation Cocotte-Minute qui secoue la météo culturelle d’un coup de soupape.
Il vous reste 75.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.