Il n’y avait pas de colère dans sa voix. Juste le constat glacial d’un rapprochement entre les Etats-Unis et la Russie, hier ennemis, aujourd’hui partenaires, témoignant d’une possible bascule géopolitique aux conséquences vertigineuses. « Il est dommage que nous perdions un partenaire de poids », a lâché Volodymyr Zelensky dans un entretien avec le journaliste britannique Piers Morgan, mercredi 14 octobre, lors de son passage à Londres pour rencontrer le premier ministre, Andy Burnham.
« Vous pensez que vous êtes en train de perdre l’Amérique ? », le relance le journaliste. « Oui », appuie le président ukrainien, « mais nous ne pouvons pas nous permettre d’être faibles. Sinon, nous ne pourrons pas survivre… C’est pourquoi il est douloureux de voir Trump décider de se ranger du côté de la Russie. Ce n’est pas le bon côté de l’histoire », a-t-il cinglé. Provocation adressée au président américain si soucieux de son legs sur la scène internationale ou résignation ?
Le président ukrainien semble utiliser toutes les cartes qui restent dans son jeu pour espérer inverser le cours des événements après l’enchaînement des propos hostiles de Donald Trump. Se félicitant, vendredi 9 octobre, d’un accord scellé avec Moscou pour acheter son gazole au mépris des sanctions imposées sur le pétrole russe, le chef de la Maison Blanche a sommé le dirigeant ukrainien de cesser ses frappes sur les raffineries russes, élément-clé de la stratégie de défense de Kiev, avant de réclamer, le lendemain, le départ de Zelensky, comme en rêve Vladimir Poutine.
Il vous reste 80.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.