Les problèmes de remplacement dans les 114 lycées classés prioritaires par le ministère de l’éducation nationale seront résolus à la rentrée des vacances de la Toussaint, a déclaré, jeudi 15 octobre, le ministre, Edouard Geffray, lors d’un déplacement en Gironde.
« On se met en situation de résoudre l’immense majorité des cas et singulièrement les établissements dont vous savez que je les ai classés rouges, c’est-à-dire ceux pour lesquels il y avait une difficulté particulière. J’en avais 114 jeudi dernier, 47 ce matin et normalement je n’en aurais plus à la reprise des vacances », a-t-il détaillé.
Sur les 3 000 professeurs titulaires remplaçants appelés en urgence la semaine dernière, « quasiment les deux tiers ont d’ores et déjà été affectés », a assuré Edouard Geffray, lors d’une visite d’un lycée à Gradignan, près de Bordeaux. Il a ajouté que « plus de 200 personnels supplémentaires » avaient été recrutés dans le cadre de l’enveloppe de 900 postes autorisée par le premier ministre, Sébastien Lecornu
« On attend des choses concrètes »
Le ministre de l’éducation, qui a échangé pendant une heure avec des lycéens après avoir visité précédemment un autre lycée de la banlieue bordelaise, en partie saccagé la semaine dernière, à Lormont, a par ailleurs répété que le gouvernement allait apporter des réponses aux nombreuses critiques formulées à l’égard de la plateforme Parcoursup.
Des « mesures concrètes » seront « communiquées d’ici fin octobre », a-t-il déclaré, précisant qu’elles concerneraient l’outil lui-même, mais aussi l’orientation en amont et les réponses fournies aux étudiants en aval, notamment concernant « la transparence des critères de sélection par les formations du supérieur ».
Après plusieurs semaines de mobilisation, des établissements étaient encore bloqués, jeudi, avant la troisième rencontre prévue à 17 h 30 entre les organisations lycéennes et Edouard Geffray pour aborder les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps. « On attend des choses concrètes », a dit à l’Agence France-Presse (AFP) Pierre Sourzat, représentant des Lycéens !, déplorant n’avoir eu que des « miettes » jusqu’à présent.
A l’issue de la précédente réunion, le 8 octobre, son association et l’Union syndicale lycéenne s’étaient dites insatisfaites. Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary – également adhérent du parti Renaissance – avait, lui, salué « quelques avancées », notamment sur la représentativité des lycéens dans des instances consultatives. Le gouvernement s’est dit prêt à travailler sur l’accompagnement lors de l’orientation au lycée et à des modifications de Parcoursup, mais refuse de supprimer le système actuel.
160 établissements bloqués mercredi
Annoncé jeudi dernier, le plan ministériel de redéploiement de 3 000 enseignants titulaires remplaçants, associé à l’embauche de contractuels, n’a pas convaincu les lycéens mobilisés, qui déplorent des heures d’enseignement perdues à cause d’absences non remplacées.
Mercredi, en fin de matinée, 160 établissements étaient bloqués, selon les chiffres ministériels. Depuis le début du mouvement, sur les 3 700 lycées français, un tiers n’a « jamais été perturbé », un tiers « a connu une perturbation très modérée sur une durée très limitée » et un tiers des lycées a connu « une perturbation plus importante », selon Edouard Geffray.
Le ministre s’est plusieurs fois indigné d’« une violence totalement débridée dirigée contre le service public de l’éducation ». Trente-sept établissements ont été « partiellement incendiés », selon lui, environ 150 personnels ont été blessés et la police des polices a ouvert 36 enquêtes. Aussi, 7 950 gardes à vue ont été enregistrées au 13 octobre à 17 heures en marge du mouvement lycéen, dont 85 % concernaient des mineurs, selon un bilan communiqué par la justice. Au total, 2 735 poursuites ont été engagées, dont 2 190 visant des mineurs. Vingt-six personnes ont été placées en détention provisoire, dont neuf mineurs.