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Guerre en Ukraine : de Sloviansk à Kramatorsk, un arrière-front sous la pression constante des Russes

· War chronicles

De toutes les routes qui mènent à Sloviansk, une seule reste relativement à l’abri des drones russes : celle qui arrive de Barvinkove, un axe ouest-est jalonné de villages tristes et poussiéreux. Comme dans d’autres zones proches du front, la chaussée est recouverte de filets tendus entre des poteaux, formant un interminable tunnel qui ondule au vent. Conçues pour intercepter les drones russes, chargés d’explosifs, qui se jettent sur les véhicules, ces installations de fortune sont devenues l’un des symboles les plus visibles de l’évolution de la guerre qui oppose les forces de Kiev à celles de Moscou.

Pour les militaires pressés ou les civils prêts à prendre davantage de risques, d’autres routes existent. Notamment celle qui descend depuis Izioum, du nord au sud, le long du front. Mais l’emprunter peut revenir à jouer à pile ou face. Conséquence de l’allongement de la portée des drones, cet axe est désormais la cible du feu ennemi, tout comme la quasi-totalité des autres routes du secteur. Pour ceux qui s’y aventurent, une seule chose à faire : rouler le plus vite possible.

Avant l’invasion de février 2022, Sloviansk et ses trois voisines, Kramatorsk, Droujkivka et Kostiantynivka, formaient une agglomération de plus de 350 000 habitants. Quatre ans et demi plus tard, elles sont devenues le cœur du dispositif défensif ukrainien dans le Donbass, cette région industrielle occupée à 80 % par les troupes russes – et dont Vladimir Poutine veut par tous les moyens annexer la totalité.

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