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« Ils mutilent un élève, repartent, et nous, derrière, comment fait-on ? » A Saint-Ouen-l’Aumône, le traumatisme perdure après la grave blessure d’un adolescent par un tir policier

« Ils mutilent un élève, repartent, et nous, derrière, comment fait-on ? » A Saint-Ouen-l’Aumône, le traumatisme perdure après la grave blessure d’un adolescent par un tir policier

Eden ne peut pas parler. Sa mâchoire est « scellée » pour plusieurs semaines à la suite d’une série d’interventions chirurgicales. Le garçon de 14 ans ne peut pas raconter comment, lundi 28 septembre, un tir de lance-grenade lacrymogène Cougar a brisé la quasi-totalité de ses dents du haut, arraché une partie de celles du bas et causé une double fracture de sa mâchoire. Il ne peut rien dire de ce jour où, assis sur un muret à quelques mètres de l’entrée de son lycée, Château-d’Epluches, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), où se déroulait un mouvement de protestation, sa vie a basculé.

Il était environ 10 h 30, il avait les yeux rivés sur son téléphone portable lorsque trois fonctionnaires de police se sont dirigés vers lui avant de le bousculer, puis de lui porter un coup de matraque et enfin, après qu’il eût riposté par un coup de pied, tiré un projectile en direction de son visage quasiment à bout portant. L’impact a projeté l’adolescent au sol et fracassé sa mâchoire.

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