Salome Jordania
Passage : A Spiritual Odyssey
Franz Liszt : Les Cloches de Genève, Bénédiction de Dieu dans la solitude, Sonate. Alexandre Scriabine : Poème satanique, Sonate n° 9 « Messe noire ». Kaija Saariaho : Prélude. Salome Jordania (piano).
Salome Jordania
Passage : A Spiritual Odyssey
Franz Liszt : Les Cloches de Genève, Bénédiction de Dieu dans la solitude, Sonate. Alexandre Scriabine : Poème satanique, Sonate n° 9 « Messe noire ». Kaija Saariaho : Prélude. Salome Jordania (piano).
Bien que l’amorce lisztienne de son récital (Les Cloches de Genève) soit dotée d’une résonance acoustique et spirituelle de grande qualité, Salome Jordania ne semble se livrer totalement dans ce premier disque qu’à partir de sa double plongée dans l’univers d’Alexandre Scriabine (1872-1915). Convulsive de bout en bout dans le Poème satanique, la pianiste géorgienne, née en 1996, restitue bien, plan par plan, le parcours sulfureux de la Sonate n° 9 « Messe noire », dont elle paraît sortir, in fine, comme d’un mauvais rêve. Interprété avec une justesse de timbre et de ton très impressionnante, le Prélude de Kaija Saariaho (1952-2023) fait office de « pause fraîcheur » entre le démoniaque Scriabine et l’angélique Liszt. Si Salome Jordania réussit parfaitement la transcendance imposée par Bénédiction de Dieu dans la solitude, elle donne l’impression d’aborder la Sonate avec méfiance, comme s’il s’agissait d’un terrain miné. A l’exception du mouvement central qui confine à l’immatériel, la jeune Géorgienne adopte un rendu massif et monumental, plus proche du combat héroïque que de l’« odyssée intérieure » à laquelle s’apparente, pour elle, cette partition écartelée entre le ciel et l’enfer. Pierre Gervasoni
Howlin’ Jaws
Living The Dream
Howlin’ Jaws
Living The Dream
Après deux réjouissants albums « infuzzés » de garage rock – qui leur ont permis d’ouvrir pour les Black Keys et de jouer aux Etats-Unis et au Japon – le trio parisien Howlin’ Jaws entend étendre son champ d’action sur son troisième album. La triplette électrique constituée de Djivan Abkarian (chant, basse), Lucas Humbert (guitare) et Baptiste Leon (batterie) s’est, pour cela, exilée en Suède afin de collaborer avec Kalle Gustafsson Jerneholm (The Hives, Foals). La production s’étoffe, plus pop, sans pour autant renier la griffe psychédélique : les chœurs sont particulièrement soignés de bout en bout ; on passe d’une pop arabisante sur beat disco (Terminal Buzz) à une ballade folk-pop escortée de chatoyants violons (The Kind of Pain) ; une guitare douze-cordes carillonne en mode sixties (So Sorry, Troubled Mind et Miss You) ; quelques délicates touches d’omnichord et de mellotron (Up On The Roof). Le refrain de Do What You’re Gonna Do est irrésistible, et, avec l’excellent Maximum Speed, les Howlin’ Jaws se donnent même des airs pas désagréables d’Aerosmith façon Sweet Emotion. Et si Living The Dream était la réponse tricolore aux esthètes pop californiens The Lemon Twigs ? Franck Colombani
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