On la retrouve dans la salle de petit déjeuner d’un hôtel proche de la gare de Lyon, à Paris, autour de tasses de thé bouillant. Isild Le Besco, qui vit désormais dans la Drôme, loin des mondanités, a fait ses premiers pas sur les plateaux de cinéma à l’âge de 8 ans. L’actrice de Benoît Jacquot (Sade, 2000) et d’Emmanuelle Bercot (Backstage, 2004) raconte ou plutôt murmure, un immense sourire aux lèvres, les épreuves et les abus qu’elle a surmontés. En 2024, elle a porté plainte pour viol sur mineure contre Benoît Jacquot – qui conteste les faits.
A 43 ans, Isild Le Besco, artiste multiple (scénariste, romancière, peintre), a réalisé son cinquième long-métrage, Ma famille chérie. Un film sensible et délicat inspiré de son vécu, avec Elodie Bouchez, Marisa Berenson et Jeanne Balibar, en salle le 10 juin.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas appris l’humilité qui est pour moi la chose la plus importante et la plus belle. Je l’avais en moi, de façon innée, brouillonne. Je n’ai jamais pris au sérieux le côté « starlette » du cinéma, l’espèce d’admiration des gens qui vous arrêtent dans la rue m’a toujours mise mal à l’aise. J’ai appris dans ma chair que l’on n’est rien.
Qu’est-ce que l’humilité vous a permis de surmonter ?
Elle m’a permis de guérir. D’être libre aussi. Je me sens davantage moi-même aujourd’hui que définie par mes traumatismes. Ce qui m’intéresse maintenant dans les films que je réalise, c’est ce que cela peut provoquer chez l’autre, quelle émotion cela peut susciter. Dire les choses est pour moi une façon de montrer que l’on peut se construire avec ses failles. Je ne m’exprime pas pour me plaindre, je trouverais ça indécent.
Quand avez-vous pris conscience que vous aviez vécu des traumatismes ?
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