Jordan Bardella tend la main à « l’électorat historique de la droite » dans un premier entretien à la presse depuis la condamnation de Marine Le Pen
Jordan Bardella a assuré, dimanche 12 juillet, au Figaro, que Marine Le Pen pouvait compter sur sa « loyauté », son « aide » et son « soutien » en vue de la candidature de cette dernière à l’élection présidentielle de 2027, tout en affichant des inflexions avec la ligne historique du parti d’extrême droite que le duo souhaite représenter. Le président du Rassemblement national (RN) a déclaré au quotidien vouloir « constituer un gouvernement d’union nationale » s’il était nommé premier ministre en cas de victoire de l’extrême droite, tendant surtout la main à « l’électorat historique de la droite ».
Dans ce premier entretien après la décision de Marine Le Pen de maintenir sa candidature à l’Elysée, celui qui est promis au poste de premier ministre si sa mentore est élue l’année prochaine affiche trois missions : « bâtir le programme », « former un gouvernement », et conduire le Rassemblement national à la conquête d’une majorité solide à l’Assemblée nationale.
Sur le premier volet, M. Bardella, qui a plusieurs fois affiché des tendances différentes de celles de Marine Le Pen sur certains sujets économiques, a annoncé qu’il poursuivrait « le travail de fond et d’influence » qu’il a entrepris, assurant que le RN assurerait « la liberté dans la discussion et l’unité dans la décision ».
A propos de la réforme des retraites, il soutient qu’un fonds souverain dans lequel pourrait être placée une partie de l’épargne des Français « pourrait accueillir en son sein un pilier de capitalisation qui contribuerait à la fois au financement de l’économie productive et à compléter à terme un système par répartition aujourd’hui déficitaire ».
Quant à la formation de l’exécutif, l’eurodéputé a annoncé son ambition « de constituer un gouvernement d’union nationale qui ne sera pas composé exclusivement de cadres ou de parlementaires issus du RN ».
Après avoir insisté sur la nécessité pour le parti d’extrême droite d’« être capable de réarrimer une partie des élites patriotes aux classes populaires et aux classes moyennes », il a estimé qu’une « grande partie de l’électorat historique de la droite est aujourd’hui orpheline d’un leader et d’une incarnation », se disant convaincu que le président et candidat des Républicains, Bruno Retailleau, « finira par rejoindre Edouard Philippe », candidat d’Horizons.