SOS Racisme a porté plainte pour provocation à la haine et injures publiques contre le porte-parole du Rassemblement national (RN) Julien Odoul, après des propos tenus lors d’un meeting à Pau en mars, a appris jeudi 2 juillet l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information de StreetPress.
Selon un courrier adressé au procureur de Pau le 30 juin et consulté par l’AFP, SOS Racisme reproche à Julien Odoul, également député de l’Yonne, des déclarations prononcées le 12 mars lors d’une réunion publique organisée dans le cadre des élections municipales. « C’est un fait, c’est les statistiques, c’est le réel. Il y a une surreprésentation des étrangers dans les agressions sexuelles et sexistes », déclare Julien Odoul à la tribune, dans un enregistrement auquel l’AFP a eu accès.
« Aujourd’hui, effectivement, une femme a malheureusement plus de chances de se faire agresser par Mamadou que par Kévin et Mattéo, c’est la réalité », poursuit le député, venu soutenir la candidate Margaux Taillefer, qui se présentait notamment face à François Bayrou.
« Délit d’injure publique »
L’association estime que ces déclarations remplissent les conditions nécessaires à la qualification « du délit d’injure publique et de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale ». SOS Racisme considère également que l’emploi du nom « Mamadou » renvoie de façon stéréotypée à des personnes perçues comme originaires d’Afrique subsaharienne et revêt « une forte connotation péjorative et dénigrante ».
« Les statistiques officielles confirment chaque année le lien entre l’immigration massive et l’explosion de l’insécurité. Les agressions sexuelles dans les transports, les viols, les 25 % de détenus étrangers. C’est factuel et réel », a réagi Julien Odoul, qualifiant par ailleurs SOS Racisme « d’officine militante d’extrême gauche (…) qui n’a jamais poursuivi les dirigeants de La France insoumise pour leurs multiples dérapages racistes anti-Blancs ou leurs propos à caractère antisémite ».
Arrivée en troisième position aux élections municipales à Pau avec 16 % des voix, Margaux Taillefer a permis au RN de faire son entrée au conseil municipal en obtenant quatre sièges.
Julien Odoul, l’une des figures connues du RN, a été condamné à huit mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité sans exécution provisoire dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Il a fait appel de cette condamnation et sera fixé mardi prochain.