Dix-neuf ans après son rapport publié en 2007 sur les grands chantiers culturels, la Cour des comptes s’est à nouveau penchée sur le sujet, et a publié mardi 16 juin un nouveau rapport au sous-titre éloquent : « Une impasse de financement pour la prochaine décennie ». Les magistrats alertent d’emblée : « Le coût total de ces grands chantiers pourrait au minimum doubler entre la décennie passée (2 milliards d’euros) et celle qui s’ouvre (5 milliards d’euros), en raison des besoins de rénovation très onéreux des bâtiments issus des “grands travaux” des années 1970 à 1990, s’ajoutant à ceux de monuments plus anciens, mais aussi de fréquents dérapages des coûts. »
Les experts ont retenu uniquement les chantiers engagés depuis 2015 ou devant être engagés d’ici à 2035, et affichant un coût global actualisé de plus de 50 millions d’euros. Sur la première phase 2015-2025, quatorze grands chantiers, principalement parisiens, ont mobilisé à eux seuls plus de 2 milliards d’euros de dépenses publiques.
« Cette vague importante d’investissements, principalement tournée vers la restauration et la sauvegarde d’un patrimoine ancien, s’est accompagnée d’une augmentation significative des crédits du ministère de la culture, [mais ceux-ci ont dû être complétés par] d’autres financements, publics et privés, pour des montants importants, notamment par des crédits exceptionnels de l’Etat (plan de relance et France 2030) et par des recettes de mécénat », note le rapport.
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