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« La démesure de la FIFA entraîne la dévaluation de la Coupe du monde »

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Difficile d’entrer dans une Coupe du monde qui aura commencé par trois cérémonies d’ouverture, une pour chaque pays hôte [Canada, Etats-Unis et Mexique], durant lesquelles ont paradé des cohortes de chanteurs et chanteuses souvent inconnus dans le monde entier. Difficile de s’y projeter en entrant dans un tunnel de 104 matchs (contre 64 auparavant) avec des noms de groupes qui égrènent l’alphabet jusqu’au L.

Ce format pachydermique fait converger un goût pour la mise en spectacle et une américanisation de circonstance. La pompe des avant-matchs en témoigne : protocole empesé, hectares de bâches en plastique et cérémonial réunissant désormais autour du rond central l’intégralité des joueurs (et non seulement les onze titulaires) pour les hymnes.

Cette débauche de moyens s’inscrit dans une tendance générale, dans le football, à un décorum de plus en plus envahissant ; l’interminable remise du trophée de la Coupe de France au Racing Club de Lens en a témoigné, le 22 mai.

Baisse de niveau

A la mi-temps de la finale, un grand show à la manière de celui du Superbowl est prévu, ce qui aura pour effet de retarder la reprise du jeu. C’est peut-être ce qu’anticipent déjà tous les spectateurs des matchs ayant déjà eu lieu et qui ne sont toujours pas revenus à leur place dix minutes après la fin de la pause.

Tout semble devoir déborder dans cette édition 2026. A la 70e minute de Qatar-Suisse par exemple, la sono diffusait une chanson de Whitney Houston en attendant que, quelque part dans le monde, une page de pub s’achève tandis que les joueurs trépignaient sur la pelouse. Saucissonnés, les matchs voient leur durée augmenter, au contraire de leur intensité.

Ces pauses publicitaires – qui découpent les rencontres en quart-temps et cassent le rythme – relèvent d’une conception qui sacrifie le jeu et accorde la primeur à un spectacle dérivé plutôt qu’à la compétition.

C’est aussi le sens du passage de 32 à 48 équipes. L’intention de la FIFA était d’augmenter à la fois ses recettes et l’assise électorale de son président, mais elle n’a invoqué que l’objectif de rendre la compétition plus universelle. L’argument est imparable : qui aurait le cœur d’interdire la fête à Haïti, au Cap-Vert ou à la Jordanie ? La contrepartie de l’élargissement est la baisse du niveau du plateau, et des écarts aussi béants que le score d’Allemagne-Curaçao (7-1).

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