Chroniques de guerre

La marine française arraisonne un pétrolier au sud de la Réunion, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe

La marine française arraisonne un pétrolier au sud de la Réunion, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe

Un navire « suspecté de naviguer sous un faux pavillon », et « impliqué » dans un trafic « de transport de carburants », a été arraisonné, lundi 12 octobre, par la marine française au « sud de la Réunion », dans l’océan Indien, a annoncé Emmanuel Macron.

« Ce matin, à plus de 450 nautiques [830 kilomètres environ] au sud de La Réunion, notre Marine nationale a arraisonné le pétrolier DF Peak », a déclaré le chef de l’Etat, sur X, montrant de brèves images d’une intervention, et assurant que « la France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme », employant un terme utilisé pour désigner des navires utilisés par la Russie pour contourner les embargos occidentaux.

Cette opération, « menée sur la base de l’article 110 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer », visait « à vérifier la nationalité de ce navire », a précisé la préfecture de La Réunion dans un communiqué.

Battant pavillon béninois, le DF Peak est un pétrolier figurant sur la liste de l’Union européenne des navires placés sous sanctions, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe depuis le 25 juin 2024 alors qu’il s’appelait Kaliningrad.

« L’examen des documents par l’équipe de visite après sa montée à bord a confirmé les doutes quant à l’irrégularité du pavillon arboré », a pour sa part affirmé, sur X, l’état-major des armées françaises, précisant avoir procédé au « déroutement du navire sous escorte des moyens de la Marine nationale ».

Plus de 700 navires sur la liste des sanctions européennes

« Un signalement a alors été fait à la procureure de la République de Saint-Denis, compétente au titre du tribunal maritime », a complété la préfecture. « Conformément au droit international et sur demande de la procureure », le navire a été dérouté et « est actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage au large de La Réunion pour la poursuite des vérifications », a-t-elle ajouté lundi soir.

« L’équipage du pétrolier, composé de 21 marins de plusieurs nationalités, est resté à bord, sous la surveillance de militaires français », a conclu la préfecture.

Plus de 700 navires sont actuellement inscrits sur la liste des sanctions européennes. Les navires soupçonnés de servir à la Russie pour exporter ses hydrocarbures malgré les sanctions américaines, britanniques ou européennes, changent parfois de nom ou de pavillon pour déjouer les contrôles.

L’annonce du président français intervient dans un contexte d’inquiétude des Européens sur l’avenir de la guerre en Ukraine, après des levées de sanctions et un accord sur le gazole russe entre Washington et Moscou. Le président américain, Donald Trump, a annoncé, vendredi, avoir négocié la livraison de quantités massives de gazole russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou, au grand dam du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui a dénoncé une décision « indigne ».

L’Union européenne a de son côté promis de continuer à renforcer ses propres mesures contre Moscou, et la cheffe de sa diplomatie, Kaja Kallas, a déclaré, samedi, que la levée de sanctions sur le gazole russe contribuait à alimenter la guerre menée par le Kremlin contre son voisin ukrainien.

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