Le procès d’Antonino Mercuri, ostéopathe guérisseur, jugé pour abus de faiblesse, exercice illégal de la médecine, blanchiment et fraude fiscale, a été renvoyé à une date ultérieure, le tribunal correctionnel de Paris ayant fait droit aux demandes de nullité soulevées par la défense à l’ouverture de l’audience, lundi 12 octobre. Prévu jusqu’à début novembre, le procès ne devrait finalement pas se tenir avant 2027.
Avant l’ouverture des débats au fond, les avocats d’Antonino Mercuri ont en effet soulevé des nullités portant sur la discordance entre le nombre de personnes susceptibles d’avoir été victimes d’abus de faiblesse, tel que retenu par le juge d’instruction, et celui pour lequel l’ostéopathe guérisseur est finalement renvoyé devant le tribunal. Le temps long de l’enquête – sept ans – a en effet conduit un certain de nombre de ses « patients », qui le défendaient au départ, à se constituer partie civile contre lui.
Antonino Mercuri, qui comparaît aux côtés de son mari, Adrien Villier, de son notaire, Laurent Grange, et de Sirka Doether, responsable d’une bijouterie parisienne spécialisée dans les montres de luxe, dont l’ostéopathe était devenu le principal client, est soupçonné d’avoir accumulé une fortune en plaçant ses « patients » en état de sujétion psychologique, contraignant certains d’entre eux à vendre leurs biens ou à se surendetter pour continuer à bénéficier de ses soins.
Revenus annuels de 1,3 million d’euros
Le préjudice a été évalué à 13 millions d’euros, soit l’équivalent du patrimoine déclaré par Antonino Mercuri au début de l’enquête, à savoir des revenus annuels à hauteur de 1,3 million d’euros, une collection de montres d’une valeur de 2 millions d’euros et la propriété d’une cinquantaine de biens, qu’il estimait de 10 à 12 millions d’euros.
Pour ces faits qu’il conteste, il encourt cinq ans d’emprisonnement. Dans un communiqué diffusé avant l’ouverture de l’audience, ses avocats, Olivier Pardo et Manon Sieraczek-Laporte, déclarent qu’à travers ce procès, « ce sont les bienfaits des médecines alternatives et de la méditation que l’accusation entend faire juger ».