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« L’Aventure rêvée » : en Bulgarie, une archéologue sur les traces de son passé

· Culture

L’AVIS DU « MONDE » – CHEF-D’ŒUVRE

L’AVIS DU « MONDE » – CHEF-D’ŒUVRE

Issue d’une école berlinoise qui avait provisoirement réuni de jeunes talents très singuliers au début des années 2000, Valeska Grisebach, comme ses camarades rapidement esseulés au sein de l’industrie du cinéma allemand, aura depuis lors avancé à pas lents. S’agissant de Grisebach, le compte est vite fait : quatre longs-métrages en vingt-cinq ans. Tous réalisés comme elle le voulait, quand elle le pouvait, admirablement. Des histoires simples, toujours, émanées de la réalité la plus triviale, et qui confinent à un certain moment à une transcendance, qu’elle survienne au cours d’une séquence au lyrisme inopiné ou, au contraire, par accumulation d’une routine qui se cristallise en un mystère qui la dépasse.

Comme sa productrice, elle-même réalisatrice, Maren Ade, qui trouvait en Roumanie, dans le sillage d’une jeune technocrate allemande venue y apporter les bienfaits du néolibéralisme, le terrain d’une débandade politico-comique (Toni Erdmann, 2016), Grisebach aime à se confronter à l’ex-bloc de l’Est. Elle retourne donc, après Western (2017), en Bulgarie, à la faveur de L’Aventure rêvée, titre exaltant, pour signer à 58 ans une manière de chef-d’œuvre (le film a remporté le Prix du jury au Festival de Cannes). Un chef-d’œuvre à la Grisebach. Pas clinquant, terrassant ni virtuose. Plutôt un mouvement qui s’insinue avec une force douce.

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