Culture

L’influence cinématographique et audiovisuelle de l’«Odyssée », de Méliès à Jean-Luc Godard

L’influence cinématographique et audiovisuelle de l’«Odyssée », de Méliès à Jean-Luc Godard

Ce que l’on appelle l’épopée homérique aura été une des matrices de l’art et de la culture occidentale, voire au-delà, en figeant structures, modèles narratifs, mythes romanesques et épiques. La fabrique du héros, le voyage et la quête, la fusion de l’humain et du divin, du réel et du surnaturel. Généalogie écrasante dont le cinéma, modestement, porte la trace indélébile dans son code génétique même. Se limiter aux adaptations cinématographiques de l’Odyssée, interrogation que suscite la dernière version en date, celle de Christopher Nolan, peut sembler ainsi une recherche un peu dérisoire, loin de suffire à évaluer l’empreinte de cette mythologie séminale.

Très tôt, le cinéma s’est emparé de l’Odyssée, récit suffisamment riche en péripéties extraordinaires pour fasciner un public populaire. L’inventeur de la fiction lui-même, Georges Méliès (1861-1938), réalise, dès 1905, un Ulysse et le géant Polyphème, courte bande en un plan où l’on voit le héros s’endormir devant l’entrée d’une caverne. Une main puis un visage, géants, illusion obtenue par un effet de surimpression, apparaissent à l’entrée de la grotte. Ulysse, désormais réveillé, transperce l’œil unique de la créature.

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