Le Britannique Mark Jenkin est un habitué des grands festivals, mais il est d’abord un cinéaste local. Souvent coiffé d’un feutre, il tourne près de chez lui, dans la lande sauvage des Cornouailles, terre celtique battue par les vents, située à l’extrême ouest de l’Angleterre. Ses trois longs-métrages sont hantés par des histoires de pêcheurs en déshérence, menacés par la crise ou disparus en mer : Bait (2019), dans un noir et blanc qui renvoie aux premiers temps du cinéma, a été sélectionné à la Berlinale ; l’expérimental Enys Men (2024) a été dévoilé à la Quinzaine des cinéastes, à Cannes ; enfin, Rose of Nevada (inédit en France), œuvre de science-fiction, a fait sa première mondiale à la Mostra de Venise en 2025.
On le découvre en visio, quelques jours avant sa venue à Paris, alors que sort en salle, le 3 juin, Bait (2019), inédit en France – au Royaume-Uni, il avait remporté le Bafta du meilleur premier film en 2020. A tout juste 50 ans, Mark Jenkin a des traits juvéniles et un enthousiasme intact. Cet artisan du cinéma tourne en pellicule, assure le montage et crée la bande-son de ses courts et longs-métrages. « Beaucoup de réalisateurs passent du temps à cacher les outils du cinéma, au point que le public en arrive à oublier qu’il voit un film, dit-il. Moi, j’ai envie de rappeler aux spectateurs qu’ils sont en train de découvrir une œuvre de cinéma. J’aime les surprendre, les tenir en éveil. Nous devrions davantage célébrer l’esthétique et la forme. »
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