A l’Assemblée nationale, il y a « un large usage de l’IA [intelligence artificielle], sur des pans d’activité variés et des attentes très élevées en outils d’IA ». En quelques mots, la conclusion du rapport des députés Nicolas Bonnet (Puy-de-Dôme, Les Ecologistes) et Denis Masséglia (Maine-et-Loire, Renaissance) résume la façon dont les IA se diffusent dans des pans entiers du travail parlementaire. « Tout le monde, dans les équipes, utilise l’IA, que ce soient ceux qui le disent ou ceux qui ne le disent pas », reconnaît un utilisateur interrogé.
Pour écrire ce document, qui n’a pas encore été rendu public, mais que Le Monde a pu consulter, les deux députés ont interrogé leurs collègues et les équipes. Parmi les 425 réponses, 85,4 % déclarent utiliser des outils d’IA, dont près de 50 % de manière quotidienne. Rien d’étonnant a priori : les équipes des parlementaires ont l’habitude d’intégrer rapidement les nouvelles technologies, les collaborateurs étant une population jeune et diplômée, avec des contraintes de travail lourdes.
L’IA sert d’abord à reformuler les courriers des députés, mais également à faire des synthèses documentaires ou des recherches sur Internet. ChatGPT (OpenAI) est, de loin, la solution privilégiée (63 % des répondants) devant la solution française Le Chat (Mistral AI) et Gemini (Google) ; 61 % des répondants utilisent des outils sans abonnement.
Le recours à des solutions américaines et gratuites pose la question de la protection des données. Les deux rapporteurs alertent : « La tenue de réunions et la constitution de verbatim de réunion sur des outils non sécurisés, tels que ceux proposés par Zoom ou Teams, sont problématiques. » Des e-mails sont parfois transférés hors des serveurs de l’Assemblée pour être analysés par des outils d’IA. Pour les deux députés, il faut sensibiliser les équipes, mais surtout chercher des solutions techniques afin que la boîte e-mail de l’Assemblée « offre des fonctionnalités équivalentes à celles qui rendent les messageries gratuites attractives ».
Il vous reste 57.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.