Le Ghanéen Ibrahim Mahama cultive un art sans limites du partage
Des wagons et des avions hors d’âge, montés sur rails ou rangés comme sur un tarmac fantôme. C’est cet étrange « parc de sculptures » que l’on découvre en arrivant au Red Clay Studio, le vaste complexe artistique en briques rouges que l’artiste Ibrahim Mahama a fondé et n’a jamais cessé d’agrandir, depuis 2020, en pleine campagne dans les environs de Tamale, à quelque 470 kilomètres au nord d’Accra, la capitale du Ghana. Nul syndrome de Diogène derrière cette accumulation de moyens de transport, mais un goût singulier pour les archives de son pays. Et une méthode : rassembler les objets comme les gens – artistes, habitants, notamment les enfants, qui circulent à travers sa vaste parcelle ouverte – pour créer et faire communauté.
Lui qui a choisi de vivre, de travailler et d’ouvrir des institutions dans cette zone rurale ghanéenne s’est vu propulser numéro un du dernier Power 100 du magazine ArtReview, un classement annuel qui répertorie les 100 personnalités les plus influentes du monde de l’art contemporain. En termes d’influence concrète et de construction d’un discours artistique inspirant, Ibrahim Mahama se pose en effet là. Ce terrain de plusieurs hectares sur lequel il bâtit progressivement le centre de toutes ses activités, il l’avait acheté en 2014 avec l’argent de sa toute première œuvre vendue, au collectionneur londonien Charles Saatchi.
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