Quoiqu’il soit né en 1961 à Niagara Falls (New York) et qu’il ait travaillé en France, c’est la première exposition personnelle à Paris du peintre afro-américain Chaz Guest, qui vit aujourd’hui à Los Angeles (Californie). C’est qu’il ne s’est consacré à la peinture qu’à la fin des années 1980. Auparavant, après des études de graphisme et de stylisme, il était illustrateur pour le magazine Joyce, où ses dessins avaient attiré l’attention du couturier et designer Christian Lacroix.
C’est aussi, sans doute, que les références qu’il revendique sont rarement invoquées par les artistes actuels. Il raconte ainsi combien il fut marqué par une visite de l’atelier de Balthus (1908-2001) où tout était demeuré en place après la mort du peintre. Leurs styles ne se ressemblent guère, mais ils ont, en effet, en commun la prééminence accordée à la figure humaine et, moins visible, l’amour de la culture japonaise.
Chaz Guest commence, en effet, chaque œuvre en traçant à l’encre Sumi (utilisée pour la calligraphie) des courbes qui sinuent, se croisent et font un début de composition. La peinture intervient ensuite. Le plus souvent, elle ne recouvre que partiellement l’encre, et, là où elle intervient, elle ne va parfois guère au-delà d’indications de couleurs et volumes, sauf pour les éléments décisifs. Ceux-ci sont de deux ordres, corps et visages d’une part, objets et architectures d’autre part.
Il vous reste 50.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.