Politique

Le personnel politique n’arrive plus à se sortir de la dictature du court terme

Le personnel politique n’arrive plus à se sortir de la dictature du court terme

Ce billet est extrait de la newsletter hebdomadaire « Présidentielle 2027 », qui est envoyée tous les vendredis à 18 heures. Vous pouvez vous inscrire gratuitement à cette newsletter en suivant ce lien.

Christophe Cassou se définit comme un « climatologue observateur ». Directeur de recherche au CNRS, enseignant à l’Ecole normale supérieure et auteur principal du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, il est en première ligne pour faire de la pédagogie sur le réchauffement et ses conséquences. Il ne consulte plus ses réseaux sociaux, lassé des attaques des climatosceptiques et des trolls antiscience. Parfois, il signe des tribunes ; souvent, il se désespère des débats politiques sur ce « défi du siècle ».

« On se limite à des sujets très techniques et très clivants, nucléaire versus [énergies] renouvelables, viande ou pas viande, sans repenser les mobilités, sans penser aux catégories sociales qui doivent utiliser leur voiture et subissent un coût social et énergétique avec cette transformation, a-t-il résumé dans les locaux du Monde, vendredi 18 septembre, lors d’un échange avec le service politique. Finalement, on maintient les verrouillages et on n’aboutit jamais à un projet social alors que le réchauffement climatique oblige à repenser la société dans sa globalité. »

Drôle d’idée d’inviter un climatologue à une réunion du service politique ? Au contraire. Ce domaine, comme tant d’autres, met en lumière l’une des principales tares de notre époque politique : l’incapacité à penser le long terme sur une planète en ébullition climatique et géopolitique. Adaptation des sociétés aux conséquences du réchauffement, transition énergétique pour espérer atteindre un jour la neutralité carbone, progrès fascinants et inquiétants de l’intelligence artificielle, crise démographique, aménagement du territoire… Ces enjeux majeurs nécessitent des réponses urgentes mais aussi des stratégies pluriannuelles, révisables régulièrement. De Colbert aux plans quinquennaux en passant par le code Napoléon, le baron Haussmann ou le Conseil national de la Résistance, cette capacité à conjuguer le futur au présent a toujours fait la noblesse de la politique.

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