Politique

Un ancien député propose de transformer le Sénat en chambre chargée du diagnostic et de l’évaluation de la loi

Un ancien député propose de transformer le Sénat en chambre chargée du diagnostic et de l’évaluation de la loi

« Dans la vie publique comme dans la vie privée, il n’y a rien de plus difficile que de parvenir à saisir ce que l’on a sous les yeux », écrit François Cornut-Gentille dans l’avant-propos de son dernier livre, Un nouvel art de gouverner (Le Condottière, 152 pages, 17 euros), à paraître jeudi 15 octobre. Depuis une dizaine d’années, l’auteur ouvre les siens pour mieux observer et disséquer les dysfonctionnements institutionnels de la Ve République à travers différents articles et essais.

Homme de droite, l’ancien député (1993-2022) Les Républicains (LR) est un gaulliste lucide et critique, car, selon lui, l’inspirateur de la Constitution de 1958 « n’ignorait pas que son œuvre était inachevée et perfectible ». Une prescience qui aurait fait défaut à ses successeurs, persuadés qu’elle continuerait à fonctionner sans mise à jour adaptée, « car c’est en réalité un système confortable pour le président [de la République] », constate François Cornut-Gentille.

La première partie du livre est celle d’un constat implacable. La fabrique de la loi ne fonctionne plus. Et avec elle, c’est tout un système qui tourne à vide, incapable d’être au service de l’intérêt général. « Les lois sont mauvaises, et on le sait depuis plus de trente ans. C’est stupéfiant de voir comme nous nous sommes accommodés de ce dysfonctionnement », déplore l’ancien conseiller militaire de Michel Barnier à Matignon en 2024. Mal pensées, mal écrites et inefficaces, elles seraient devenues « un outil de communication ». « Légiférer, c’est d’abord adresser un message ou un signal positif à telle ou telle catégorie de la population », analyse-t-il.

La faute à qui ? François Cornut-Gentille a sous-titré son essai « pour en finir avec les technocrates et les populistes ». Il en impute la responsabilité à son camp ; celui des partis de gouvernement (socialiste, macroniste ou de droite) dont l’inefficacité dans l’action est le ferment de la popularité des seconds. L’heure serait à la grande confusion. « Les populistes se déguisent en chefs de bureau – les lunettes de Jordan Bardella ! – et ânonnent des éléments de langage dorénavant chiffrés, tandis que les technocrates se veulent disruptifs et font part de leur colère », écrit-il.

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