Politique

Le procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme renvoyé en octobre

Le procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme renvoyé en octobre

Le procès de l’eurodéputée La France insoumise (LFI) Rima Hassan, qui devait être jugée, mardi 7 juillet à Paris, pour apologie du terrorisme, a été renvoyé aux 19 et 20 octobre à la demande de la défense, malgré l’opposition du ministère public et des parties civiles.

« C’est une première victoire parce que c’est un désaveu significatif pour les parties civiles. Elles ont tenté de produire leurs arguments au dernier moment (…) en violation des droits de la défense », a estimé Me Vincent Brengarth, l’avocat de l’élue, à la sortie de la salle d’audience.

La justice reproche à Mme Hassan, qui a quitté le tribunal sans faire de déclaration, un post publié sur son compte X à la fin du mois de mars dans lequel elle mentionnait le Japonais Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat commis à l’aéroport de Tel-Aviv en 1972, qui a fait 26 morts. Ce tweet, ensuite supprimé, avait été signalé au parquet par le ministre de l’intérieur, puis par l’Organisation juive européenne et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme.

Me Brengarth a formulé une demande de renvoi à l’ouverture du procès, fustigeant « un déferlement de constitutions de parties civiles (…) qui produisent des pièces nouvelles dans le but d’obtenir la condamnation de Rima Hassan ». Le ministère public et les avocats de la dizaine de parties civiles s’y sont opposés.

Deux autres procédures

A la mi-journée, des centaines de personnes, dont plusieurs députés LFI, le leader du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, se sont rassemblées sur le parvis du tribunal correctionnel pour soutenir l’eurodéputée, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.

Devant la petite foule compacte agitant des drapeaux palestiniens et des portraits de Rima Hassan, l’élue « insoumise » a dénoncé la « répression » subie par les défenseurs de la cause palestinienne et a appelé « à faire bloc pour la démocratie, pour l’Etat de droit et pour la liberté d’expression ».

Plus de 200 personnalités, dont le Prix Nobel de littérature Annie Ernaux et l’ancienne ministre Christiane Taubira, ont signé une tribune publiée, dimanche, dans L’Humanité pour soutenir l’eurodéputée. Son placement en garde à vue, le 2 avril, a eu un fort retentissement politico-médiatique.

Me Brengarth avait jugé cette mesure « parfaitement illégale » en raison d’« un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet » pour « contourner » son immunité parlementaire. Par ailleurs, des fuites dans la presse avaient fait état de la présence de drogue de synthèse dans son sac, mais l’enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants l’avait démentie par la suite. L’élue franco-palestinienne a porté plainte, dénonçant une violation du secret de l’enquête.

Dans le cadre de deux autres procédures, Rima Hassan doit également comparaître le 16 septembre pour les chefs d’« apologie publique de crime ou délit » et « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».

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